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éditorial du n° 1352

Le jeudi 25 mars 2004.

« Ne laissons personne décider à notre place. » Écoutant cette campagne publicitaire gouvernementale, plus de la moitié des inscrits sur les listes électorales ont abandonné leurs droits à gérer eux-mêmes les affaires qui les concernent à une bande de politicards assoiffés de pouvoir. Droite, gauche, extrême droite, extrême gauche, aucun des partis politiques parlementaristes n’a dans son programme le projet de laisser le peuple se gouverner lui-même. Les partis révolutionnaires eux mêmes, partisans ou non de la dictature du prolétariat ou de « tout le pouvoir aux travailleurs » ne cherchent qu’à se placer en représentants de l’avant garde éclairée du prolétariat, celui-ci étant incapable, selon eux, de se gouverner autrement qu’à travers une représentation parlementaire.

Le concept de vote contestataire, sensé être une sanction donnée aux partis majoritaires dans les assemblées, qui mettraient les minoritaires dans l’incapacité d’appliquer leurs programmes, n’est qu’un leurre permettant de ramener les déçus dans le giron du parlementarisme.

Depuis plus de deux cents ans, la bourgeoisie qui a renversé et exterminé l’ancien régime féodal afin de prendre sa place, veut faire croire au populo qu’elle gouverne en son nom. Elle assoit sa légitimité, non plus sur le droit divin, mais sur la démocratie, le culte du citoyen et le suffrage universel ou indirect. Sans revanche, la France d’en bas, ceux qui n’ont que la force de leurs muscles ou de leur intellect à proposer sur le marché pour en retirer de quoi assurer leur subsistance et celle de leur famille, ceux-là restent les cerfs de ceux qui possèdent les moyens de productions et ont les places sur le marché.

Il est temps qu’ils arrêtent de nous prendre pour des cons. Nous, anarchistes, disons que chacun a, ou peut obtenir, la capacité de participer directement aux décisions qui le concerne. Nous voulons substituer au parlementarisme, au contrat social de délégation, un pacte fédératif, synallagmatique, ou chacun participe à égalité à la vie de la société. C’est pourquoi nous ne voulons pas que ceux qui par leur travail font vivre la société, s’habituent à s’en remettre à d’autres lorsqu’il s’agit de gérer leurs conditions d’existence au sein de cette société.


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