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éditorial du n° 1445

Le jeudi 29 juin 2006.

L’équipe du Monde libertaire va se mettre au repos jusqu’à la rentrée, en septembre, tout comme nos députés. Ces derniers, il faut dire, en ont bien besoin, bien que la plupart d’entre eux n’occupent leur siège que le mardi, jour où les débats sont retransmis à la télé. Mais cela est encore trop pour eux, et l’ambiance vire souvent à la cour de récré ; pour peut que cela les empêche de regarder le match de foot à la télé et alors on ne les tient plus, ils deviennent agressifs.

Fleuron de l’industrie européenne, après avoir servi de tremplin électoral à Dominique Galouzeau de Villepin en lui permettant de se poser en défenseur des travailleurs, EADS a perdu en une journée six milliards d’euros de son capital. Pour les petites bourses que nous sommes, cette somme paraît incommensurable.

Il suffit de dire que cela représente environ 200 ans de salaire, charges patronales comprises, des 1 050 personnes employées par la SOGERMA, cette filiale que ces goinfres de la finance s’apprêtaient à liquider comme on jette un vieux frigo usagé, ses résultats annuels n’étant pas satisfaisants. À force de travailler à main-d’oeuvre minimum, EADS n’est pas en mesure de respecter les délais pour la livraison de son super jumbo jets, l’A380, le plus gros avion civil jamais construit, qui devait asseoir sa suprématie sur Boeing. La loi du marché a joué, à l’annonce du retard de livraison, l’action a dégringolée.

Si, quand il s’agit de licencier du personnel l’État n’est actionnaire qu’à hauteur de 15 % du capital, quand celle-ci est en difficulté cela devient une affaire d’État et cela occasionne un pugilat à l’assemblée nationale. La collusion entre l’État et les grandes entreprises est un fait indéniable, leurs intérêts communs vont sans dire, mais quant à savoir qui dirige quoi, cela devient de plus en plus flou. Nos ministres et députés sont souvent d’anciens collaborateurs de gros groupes financiers ou industriels, et se recyclent après leur passage au gouvernement comme conseillers de ces multinationales. Quant au peuple il n’est qu’une masse qu’il faut gérer : producteurs, étudiants, chômeurs, artistes ou retraités, nous ne sommes que des travailleurs et des consommateurs potentiels chargés de faire tourner et d’alimenter la machine. Histoire de ne pas nous désespérer, nos gouvernants veulent nous faire croire que nous participons, à travers les élections, à l’élaboration de ce système manichéen qui, petit à petit, nous détruit en même temps qu’il détruit notre planète. Mais ceci n’est qu’une fiction.


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