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Seiichi, l’éditeur du Libertaire japonais

Le jeudi 13 octobre 1983.

L’article suivant est extrait du journal australien : The Libertairan Workers Bulletin réalisé par un groupe anarcho-communiste : « Les travailleurs libertaires pour une société autogérée ». Ce groupe a vu le jour à Melbourne au milieu de l’année 1977. Le journal, publié quatre fois par an, existe depuis cinq ans et est distribué localement, nationalement et à l’étranger.

Les principaux but du journal sont :
- d’informer les lecteurs des idées de base de l’anarchisme ;
- de garder les sympathisants en contact avec les activités du groupe de Melbourne ;
- de publier des articles locaux, nationaux et internationaux sur l’anarchisme ;
- de rééditer les meilleurs articles sur l’anarchisme reçus par le groupe ;
- de donner un sens à l’internationalisme anarchiste en informant les lecteurs des activités des anarchistes à l’étranger.



Miura Seiichi [三浦誠 ?] est né le 20 décembre 1902. Dans sa jeunesse et en dépit de l’opposition il se convertit au christianisme qui devient alors un élément formateur de sa personnalité. À partir de 1924, sous l’influence de Toyohiki Kagawa, il milite pour le socialisme chrétien, vit et prêche l’Évangile dans le quartier pauvre de Fukagawa à Tokyo. À cette époque, le Japon est dans une période de changement et subit l’influence du socialsime et du communisme.

Miura Seiichi lit alors un grand nombre de livres sur ces idéologies et les mouvement sociaux. Il devient sceptique sur la religion et quitte Fukagawa pour réfléchir. Après plusieurs années de féflexion, il abandonne définitivement l’idéologie chrétienne et en 1930, il rend visite à Sanshiro Ishikawa, un anarchiste fort réputé au Japon qui le convaincra aux idées. Ishikawa, de son côté, avait également milité pour le socialisme chrétien et s’était exilé en Belgique puis en France pour échapper de justesse aux arrestations de 1913 [1].

Quand Miura Seiichi rencontre Ishikawa et devient son élève, le mouvement anarchiste japonais est divisé. Une partie, menée par Iwasa et Shuzo Hata, se disant être de purs anarchistes, rejette Ishikawa en tant qu’anarcho-syndicaliste. Ishikawa qui avait étudié l’histoire ancienne de l’Asie encourage Miura Seiichi à s’y intéresser et cela deviendra pour lui une véritable passion. En même temps, il participe à un magazine : Kokusen publié par un groupe autout d’Ishikawa.

Dans l’intervalle, le Japon dérape à droite et les mouvements sociaux de travailleurs sont durement réprimés. En 1939, le mouvement anarchiste connait des difficultés et Miura Seiichi rencontre également des problèmes pour gagner sa vie. Il part alors pour Tsing-Tap en Chine, y trouve du travail et passe son temps à étudier l’histoire ancienne jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale. C’est en décembre 1945 qu’il revient au Japon.

En 1946, les anarchistes japonais se rencontrent à Tokyo et organisent la Fédération japonaise des anarchistes. Bien qu’il y participe, Miura Seiichi pouvait difficilement faire des meetings, connaissant de gros problèmes économiques. Quand Taiji Yamaga tombera malade, il assumera la responsabilité de la section internationale de la Fédération.

En 1969, après la dissolution de la Fédération japonaise des anarchistes, Miura Seiichi publie un petit mensuel : Le Libertaire. Petit parce qu’il espérait le publier aussi longtemps qu’il le pourrait sur ses propres revenus. Aujourd’hui, Miura Seiichi à 81 ans, édite toujours Le Libertaire et lutte encore pour l’anarchisme.

Libertarian Workers Bulletin

[1En Belgique et en France, Paul Reclus (le neveu d’Élisée Reclus) pris soin de lui et le mena à l’anarchisme. Ainsi en 1920, c’est un militant anarchiste qui retournait au Japon


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