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(À rebrousse-poil)

Une Solution

février 1960.

Si le fait que Ben Bella est prisonnier constitue la seule raison pour laquelle le gouvernement refuse de discuter avec lui, qu’à cele ne tienne !

On n’a qu’à faire comme pour Pétain.

Pétain agonisait à l’ile d’Yeu. Le gouvernement estima que ce serait d’un très fâcheux exemple de laisser mourir dans les chaines un maréchal de France dont la politique - sinon étrangère, du moins intérieure - était devenue l’alpha et l’omega du pouvoir officiel.

Ce fut très simple.

Par un artifice d’écritures, vrai tour de passe-passe administratif, on dépouilla de son caractère pénitentiaire la forteresse où le condamné se trouvait détenu, et on l’affecta à je ne sais quel département sanitaire.

Si bien que Pétain, au lieu de mourir en prison, mourut à l’hôpital, parce que les murs qui l’enfermaient avaient changé de qualification.

Pourquoi ne pas agir de même pour Ben Bella ?

Ben Bella est détenu à l’ile d’Aix. Il suffirait de deux lignes au Journal officiel pour modifier le caractère de son séjour. Un simple décret, et sa résidence, cessant d’être sous la surveillance de la police et de l’armée, serait rattachée à…

À quoi pourrait-on la rattacher ? Eh bien ! Aux services, par exemple, de M. Jean Sainteny, haut commissaire au tourisme…

Qu’on se hâte !

Du coup, Ben Bella ne sera plus un prisonnier, mais un touriste en villégiature. À partir de ce moment, aucun obstacle ne subsistera, et l’on ne voit pas pour quel motif le général de Gaulle, qui ne veut pas négocier avec la chiourme des galères, refuserait de discuter avec un homme en vacances.

P.-V. Berthier


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