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éditorial du n° 1706

Le jeudi 16 mai 2013.

LES POPULATIONS mondiales sont victimes des diktats de l’Union européenne, du FMI ou des deux à la fois. Ces organismes lointains, exempts de tout contrôle populaire, ont su construire une utopique « réalité » économique néolibérale visant à la primauté des riches et des lois du marché. Le projet officiel est de mettre fin à la « crise » et, pour cela, d’apurer la dette des pays auprès de banques qui, par leurs cupides bévues, sont elles-mêmes à l’origine de la fameuse crise.

Les recettes sont criminellement simples : baisse des salaires, diminution des charges aux entreprises compensée par l’augmentation des TVA, élimination des lois garantissant emplois et salaires, réduction drastique des dépenses publiques, abandon des services publics au privé, bref faire payer les bourdes des banques et des riches à ceux qui n’ont rien ou presque rien. Autant de vilenies hypocritement baptisées réalisme, austérité, réformes courageuses.

Et les journalistes tout dévoués, et les experts en titatas de tout poil d’ânonner en choeur que « la rigueur n’est pas un choix », qu’« il faut réduire la dépense et ce de manière radicale ». Par la grâce du storytelling, « un mensonge mille fois répété devient réalité ». À peine si quelques voix discordantes, évoquant un « naufrage avéré de la construction européenne », une « Europe vraiment à l’agonie », viennent troubler ce fétide rabâchage tandis que les populistes de droite ou de gauche prônent le retour aux protectionnismes.

Pour sa part, notre confrère Fakir, dans son numéro du 18 avril, appelle carrément à la banqueroute et ses analyses ne manquent pas de pertinence. De Sully à Poincarré en passant par Louis XV, le « défaut de paiement souverain » n’a-t-il pas de tout temps permis aux décideurs de désendetter le pays ? D’autre part, actuellement, tous les pays qui se sont inclinés devant les injonctions du FMI et de l’UE — France, Espagne, Ghana, Corée du Sud et surtout Portugal et Grèce — ont vu augmenter chômage, pauvreté et dette même, alors que les pays courageusement banqueroutards — Argentine, Malaisie avant les récentes élections, Islande —, en s’asseyant sur ces directives meurtrières, ont diminué leur taux de chômage et relancé la consommation.

Preuve que tant que la révolution n’est pas effective, priorité reste à la préservation coûte que coûte des acquis sociaux. C’est pas le moment d’écouter le chant des sirènes des partisans de l’auto-entreprise si douce au patronat ou de la marginalisation dans son coin, mais plutôt de retrousser les manches et de faire tonner la voix de la rue, la seule que redoutent les vide-gousset politiques et financiers. Sous peine que la Grande Muraille de Chine ne soit pas assez longue pour y taguer en entier la liste des cons.


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