[Archives du Monde libertaire] • ArchivesArticles du Monde libertaire en ligneIndexationSommairesAdministrationSite du Monde libertaire

éditorial du n° 1723

Le jeudi 28 novembre 2013.

La semaine dernière, État et médias nous ont refait le coup de la terreur. Un tireur solitaire se baladait, libre comme l’air, fusil de chasse à la main, dans les rues de la capitale. Les autorités ont sorti le grand jeu : des centaines de flics mobilisés, patrouillant en voitures, camions, hélicoptères, etc. Mais le tireur solitaire — qui venait de grièvement blesser un assistant photographe (entendre un salarié précaire de la presse) — restait introuvable. Et, de fait, la flicaille ne servit pas à grand-chose, puisque c’est sur la dénonciation du propriétaire du parking dans lequel le suspect s’était réfugié que « l’assassin en puissance » (dixit Le Parisien) a pu être appréhendé.

Arrêté, placé en garde à vue, le tireur solitaire allait encore faire parler les politiciens et écrire les plumitifs. C’est que le bougre s’appelle Abdelhakim Dekhar et qu’il traîne derrière lui un passé confus de militant dit d’« ultra-gauche » pour les uns, « anarchiste révolutionnaire » pour les autres. Arabe et gauchiste, le tireur ne pouvait que titiller les réflexes des idiots de la classe politique et des rédactions putassières de la presse bourgeoise. Dès l’annonce de son nom, Golnish n’a pas manqué d’insister sur son origine algérienne, dénonçant un octroi trop facile de la nationalité française…

Les journaux, eux, ont abondamment ressorti l’affaire Rey-Maupin (1994), établissant, fort maladroitement, des liens entre ces deux épisodes de la vie du tireur. De son côté, Bertrand Delanoë, maire de Paris, en a profité pour se féliciter du système de vidéosurveillance installé dans la capitale, rabâchant le discours étatiste selon lequel la sécurité impliquerait nécessairement moins de liberté.

Quant à Abdelhakim Dekhar, il ne semble rien avoir d’anarchiste, voire même d’ultra-gauchiste (sic) : plus paumé qu’autre chose, confus à l’extrême, il n’est sans doute que le produit d’une société déshumanisée, où la confusion est maîtresse et où l’on marginalise avec violence — symbolique comme physique — ceux qui ne rentrent pas dans le rang.


2002-2017 | Site réalisé avec SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
FICEDL | Bianco : 100 ans de presse anarchiste | Cgécaf | Cartoliste | Placard