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éditorial du n° 1738

Le jeudi 10 avril 2014.

Il paraît que les couches populaires sont de moins en moins cultivées. C’est oublier que, sociologiquement, il n’y a pas une culture mais des cultures et que ce qu’on nous présente comme la culture est en fait celle que les dominants s’attribuent. Nous avons tellement intégré leurs discours que nous nous laissons volontairement mettre de côté. Tant de personnes s’y complaisent totalement tant on leur a répété qu’elles sont censées être ignorantes, que ce n’est pas bien grave.

C’est effrayant cette capacité qu’on a à s’autodénigrer. En considérant que tel ou tel sujet est trop complexe pour nos petites cervelles, que nous n’y comprenons rien, que c’est affaire de spécialistes… On nous offre des versions simplifiées — pas trop longues surtout ! —, des tons volontairement « légers », des fragments d’information sans arguments. Que dire de ce nouveau terme qui fleuri dans les médias : girly.

Il permet d’évoquer une manière féminine d’aborder quelque chose. On parle volontiers d’un ton girly, un peu niais, tendance gamines attardées à qui on a appris qu’être une ravissante idiote est flatteur. Combien de femmes se sentent obligées, quel que soit le sujet, d’adopter ce ton, qu’on attend d’elles ? Combien d’exploités, à qui l’on fait croire qu’ils sont ignorants, se croient incapables d’ouvrir un livre ou un journal et d’en comprendre le contenu ?

Pour lutter contre l’aliénation, ne convient-il pas de considérer comme notre devoir de nous cultiver ? De voir la culture comme inséparable d’une culture de la liberté intellectuelle et morale ? « Instruire pour révolter », a dit Fernand Pelloutier. C’est ce que nous essayons de faire avec Le Monde libertaire.


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