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éditorial du n° 1691

Le jeudi 13 décembre 2012.

Ils sont bien loin les « moi président, je vais raser gratis » et les titatas creux et flamboyants des promesses électorales. Les socialos se débandent sec devant le pouvoir de l’argent et des entreprises multinationales ou pas. Énième exemple de la lâcheté gouvernementale, la récente reculade quant à la nationalisation d’Arcelor Florange un instant évoquée par le ministre Montebourg. S’il ne s’était agi de centaines d’ouvriers cocufiés, cet intermède aurait pu relever du plus haut comique : une Parisot glapissant après les rouges comme un goret qu’on échaude, un Montebourg humilié par son Premier ministre obligé de manger son chapeau, un Hollande le retenant in extremis par la manche, l’enfumage dédaigneux et total de Lakshmi Mittal, la « haute trahison » d’un gouvernement paniqué qui – dixit le courageux syndicaliste Édouard Martin – a « menti tout au long des discussions ». Tout ça pour finalement entériner la mort programmée du site de Florange pourtant viable sans grands efforts. Les gouvernements successifs se sont empressés de voler au secours des banques, mais sont impuissants à sauver une usine. Pourquoi tant de frilosité ? Les États-uniens ont bien nationalisé Chrysler, General Motors. Face à ce galimatias, trois conclusions s’imposent : d’abord, la « gauche » et les syndicats n’ont pas encore compris (Alzheimer ?) que vouloir moraliser le capitalisme c’est comme se payer une plus grande ceinture pour soigner son obésité, que les patrons sont des fauves. Des fauves qu’il faut mater ou se laisser bouffer. Encore un fauve ne dévore-t-il que quand il a faim, les industriels et leurs actionnaires, eux, sont d’éternels boulimiques. Puis, pourquoi céder ainsi aux chantages des patrons et de leurs actionnaires ? Tout simplement parce que, comme Gallois, la bourgeoisie au pouvoir pense que le privé est plus efficace que le public. Elle répugne pour cette raison aux Scop et aux nationalisations. Elle préfère négocier piteusement avec les entreprises. Ce sont les limites infranchissables du réformisme et l’impuissance organique de la démocratie représentative à lutter efficacement contre les inégalités. Enfin, la solution à ce gâchis, les anarchistes s’époumonent à la proposer depuis plus d’un siècle : lutte des classes, révolution (ça va être dur avec la technologie des surveillances), grève générale. Mise en place d’une économie autogestionnaire coordonnée fédéralement. En abandonnant la loi de la jungle des marchés et de ce fait tout égoïsme, tout esprit de concurrence, de réussite individuelle. En cessant d’analyser l’Humain en termes financiers, d’adorer le dieu profit et la déesse gestion pour les flanquer une bonne fois pour toutes aux latrines de l’Histoire.


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