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éditorial du n° 1684

Le jeudi 11 octobre 2012.

Avec la politique budgétaire d’économies de 30 milliards d’euros, les vide-goussets de l’État vont faire la vie plus dure aux plus modestes. Les malgripes, par la bouche de leur tenancière du Medef, s’effrayent que les impôts augmentent plus vite que la réduction des dépenses publiques. L’UMP voilée en rajoute et orchestre une mobilisation virtuelle de volereaux, entrepreneurs anonymes, jouant les indignés poujado-libertariens à clamer ne pas vouloir être des « pigeons ». La jacasse des nationalistes crie haro contre la finance (et derrière, les déïcides  ?) et en appelle au remède ultime, la xénélasie. Les xénodoques rouverts par Mitterrand ne suffisant pas… Tous à la récitation du psautier entrepreneurial du capitalisme : « Montjoie ! » Les autoproclamés vrais dévoirants (le vrai travail) s’encolérisent car, ingrats en masse, nous ne nous rendons pas compte que, coiffés de leur salade et chevauchant leur roncin, ils suent à pleine charge sang et or dans une terrible guerre économique. Ces héros exhortent les besogneux, à moins de frais et moins de nombre, à plus d’efforts pour construire et pousser leurs mantelets et leurs balistes, sans quoi ces princes de la thune quitteront le royaume.

Face à quoi, les chefs confédéraux des gaveaux, responsables sans courage, sont prêts à la discussion (et à la signature d’accord) sur la compétitivité, outil de misère de plus. Le pandémonium est au complet.

Quant aux salariés, médusés par les lantiponneries de l’étrange lucarne, empoisonnés par les fatals boucons de Monsanto et de la grosse distrib’, oppressés par un climat de malepeur sociale, ils sont encouragés à tourner leurs criailleries vers plus pauvre ou vers métèque. Pour cela, tous les trébuchets et les pelcons sont bons : smicards contre RSA, Celtillons contre Mograbins, etc. Décidément, le longévif capitalisme a le cuir dur et l’avidité sans borne. Tout ce « viel françois » pour souligner que la problématique est inchangée depuis plusieurs siècles et, si nous ne voulons pas d­­­avantage souffrir sous sa géhenne, il serait temps qu’une vraie colère s’empare des opprimés. Qu’elle coupe toutes les badernes qui entravent leur conscience pour recourir, par la grève et l’occupation, à l’expropriation des saigneurs, prenant ainsi leur sort en main, sans dieu ni maître, ni César, ni tribun.

Charge au mouvement libertaire d’y aider pertinemment si nous ne voulons pas être les dindons de la farce.

Cette fois, pas de « titata » pour le lectorat, l’auteur du précédent éditorial étant cette semaine atteint de mogigraphie.


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