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éditorial du n° 1649

Le jeudi 3 novembre 2011.

Les lecteurs ont sans doute apprécié le silence de la rédaction à propos des primaires des socialistes. C’est vrai qu’on voudrait pas être à leur place. Supposition qu’ils soient élus en 2012, après dix ans de hold up néolibéraux commis en toute impunité par une association de malfaiteurs méritant plus le nom de repris de justice que de représentants du peuple, il leur restera tout juste les yeux pour pleurer. Avec les trous et autres endettements, il va leur falloir continuer à prendre tout plein de mesures fiscales et antisociales parfaitement impopulaires. C’est la coutume en Franchouillie, qu’en période d’« alternance », la gauche se mange les dégâts du précédent pillage droitier. Il va en falloir des titatas pour faire passer l’amère pilule, il va en falloir des complaisances centralo-syndicales. Mais, on le sait, ils y arriveront et la place sera bien propre quand les réacs, par la grâce de la prétendue démocratie représentative et du formatages des cerveaux, siffleront, dans cinq ou dix ans, la fin de la récréation. On va pas les plaindre, ces réformistes timorés, ces socio-traîtres comme on disait encore il y a peu. La soupe leur semble bonne à laper tout comme à leurs concurrents sortis des mêmes écoles. Même goût prononcé pour les passe-droits et les faveurs galantes, même absence de programme (ou plutôt un seul : moi moi moi), même ambition égoïste, même déni de la lutte des classes, même abandon de toute justice sociale , même complaisante servilité devant le Médef, les puissances financières, bancaires, multinationales, même aveugle foi bigote dans un capitalisme voyou considéré comme « fin de l’histoire », même surréaliste confiance en la divine croissance, même regards pudiquement détournés devant les violeurs et les assassins de la Nature, cette belle et bonne fille qui ne peut donner que ce qu’elle a et qui n’en peut plus. Sombre période en perspective. Plus que jamais, à n’en pas douter, les anarchistes préféreront – au pèlerinage quinquennal à Sainte-Mairie-de-mes-deux-urnes – s’investir quotidiennement dans les luttes, les réalisations autogérées, l’occupation de la rue, pour patiemment bâtir une société sans pouvoirs, fédérative et libertaire.


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