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éditorial du n° 1627

Le jeudi 17 mars 2011.

Le gouvernement n’y va plus de main morte avec les syndicalistes. Jeudi 10 mars, 800 policiers (dont des CRS) ont été mobilisés sur terre et mer pour dégager l’accès du port de Marseille, bloqué depuis mardi par les marins grévistes de la SNCM pour protester contre le rachat de leur compagnie par Véolia (rachat qui entraînerait la suppression de quatre navires, soit environ 1 000 marins). Pour soutenir ce dispositif policier déjà hallucinant, des commandos du GIPN ont même été mobilisés ! On se serait cru en état de siège. Évidemment, les militants cégétistes ne pouvaient pas faire long feu face à pareille force armée et le port a vite été évacué. Malgré l’absence de résistance violente, quinze syndicalistes ont été arrêtés et placés en garde-à-vue, puis finalement libérés dans l’après-midi. Le truc, c’est que la majorité du personnel portuaire (dockers, douanes, etc.), indignée par cette intervention démesurée, s’est foutue en grève pour 24 heures. Du coup, si les bateaux ont pu entrer dans le port et débarquer leurs passagers, les bagages et autres sont restés à bord : pas de grues, pas d’agents, rien pour les sortir de là. De son côté, le tribunal de grande instance de Bastia a décrété qu’une amende de 600 euros par heure serait donnée à chaque marin qui bloquerait à nouveau la « libre circulation des navires ». Plus de 800 flics, le GIPN et la menace d’amendes exorbitantes : on est là face à une criminalisation flagrante du syndicalisme de lutte, de celui qui ne s’englue pas dans la cogestion, qui ne baisse pas son froc devant le patronat et l’État mais qui, bien au contraire, n’hésite pas à utiliser le blocage ou le sabotage pour obtenir satisfaction. Une chose est sûre, compagnons marins, continuez le combat ! Vous êtes un exemple ! Les pouvoirs publics soutiennent quasi militairement la grosse Véolia qui rachète les plus petits qu’elle. La soutiendraient-ils dans ses activités « environnementales » ? Et celles de la pesante Areva, dont les spots de pub présentent le nucléaire comme une énergie « écologiquement vertueuse ». D’autant plus que la pire tare de ce mode de production de l’énergie a encore une fois fait parler d’elle : il s’agit bien sûr du risque qui pèse sur la population en cas d’accident nucléaire. Ce risque n’est pas nul et il n’est pas maîtrisé. Pour preuve, au Japon, lors du récent séisme, les murs de la centrale de Fukushima Daiichi se sont effondrés, le réacteur s’est emballé, des vapeurs radioactives ont été émises. Nous vivons dans un monde contrôlé en majeure partie par de grandes compagnies aux intérêts financiers croisés, qui bénéficient de l’appui policier des États et qui laissent planer sur les hommes et l’environnement des dangers incommensurables et irréversibles. Areva s’est même lancée dans le sponsoring de compétitions athlétiques, à l’instar de tant d’autres entreprises qui financent le Spectacle. Tous les ingrédients sont réunis pour que le monde de Rollerball devienne réalité.


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