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éditorial du n° 1614

Le jeudi 25 novembre 2010.

Virage à droite, mirage à gauche. Il s’agit bien évidemment de la droite et de la gauche parlementaires, celles des partis, des cliques baveuses qui lorgnent sur les postes rémunérateurs à la tête de notre bien-aimée république. Un virage à droite, certes, mais qui n’est pas récent. Peut-on vraiment dire qu’on est sorti de ce tournant depuis 1945 ? Mais à présent, on sent qu’il est de plus en plus serré. Discrètement, la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) est en débat au Parlement, même si le débat n’est qu’un simulacre. Bien que très décriée par des organisations militantes, peu sont au courant du renforcement de la hiérarchie de l’État, de la surveillance accrue de la population avec son fichage systématique, automatique et erratique, de la répression (avec par exemple le couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans) plus facile (extension des pouvoirs de la police et création d’une « réserve civile », sorte de milice sous contrôle, augmentation voire création de nombreuses peines) et de tant d’autres horreurs orwelliennes. Si ça ce n’est pas un virage à droite… Eh bien si ce n’en est pas un, il suffira de constater que les conflits d’intérêts deviennent monnaie courante puisqu’après le changement de façade du gouvernement, on découvre que la nouvelle secrétaire d’État à la Santé se prend les pieds dans le tapis dans l’affaire du Mediator, ce médicament contre l’obésité mais prescrit comme coupe-faim et qui aurait causé près de mille morts durant les trois dernières décennies, en se référant sur l’AFSSAPS, agence chargée d’autoriser les mises sur le marché des médicaments, elle-même financée en majeure partie par de grands groupes pharmaceutiques (c’est un exemple de conflit d’intérêt bien sûr, s’il fallait tout dire, il faudrait deux pages de notre bon vieux journal). Et je passe sur l’affaire des rétrocommissions lors de ventes de sous-marins au Pakistan et qui auraient (paraît-il) financé une partie des campagnes présidentielles de 1995. Tout ce qu’on peut en dire, c’est que décidément, la critique anarchiste (entre autres critiques) n’en finit pas d’être pertinente. Et puis le mirage à gauche. Quoi de plus révoltant pour les syndicalistes en lutte que de se voir trahis par leurs « hiérarques », quand la CFDT puis la CGT invitent les autres syndicats à signer leur défaite et la fin de leurs plus importantes revendications sur le dossier des retraites ? Et pour ce qui est des partis dits « de gauche », que font-ils, où sont-ils, qu’opposent-ils ? Rien, justement, mous. Mais il ne faut pas s’attendre à ce que la justice sociale émane de telles structures avides de pouvoir, fussent-elles « de gauche ». À bien y regarder, UMP et PS se ressemblent, et pas que dans leurs programmes électoraux : ils se ridiculisent semblablement avec leurs luttes intestines et leurs guerres d’ego. Ridicules, ils le sont, mais dangereux ils restent. Il ne faut pas oublier que le pouvoir politique est entre les mains de ces histrions et que malgré l’inanité de leurs gesticulations les anarchistes doivent les surveiller, en attendant de les voir disparaître.


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