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éditorial du n° 1609

Le jeudi 21 octobre 2010.

Quelle perspective pour le mouvement social en cours ? Question difficile, mais il ressort quelques bonnes nouvelles en provenance du front social : les étudiants et lycéens rejoignent le mouvement en masse, la pénurie de carburants se fait sentir, les routiers sont appelés à rejoindre la lutte, l’intersyndicale reste unie, les manifestations sont fréquentes et très fournies. Mais pas de quoi faire assurément pencher la balance pour le moment. La détermination « gouvernementalo-patronale » est certaine, les matraques, flash-balls et gaz lacrymogènes des CRS se font d’ailleurs déjà sentir. La constatation générale se focalise sur le secteur privé qui, bien que très présent en manifestation, ne reconduit que bien peu la grève. L’explication la plus fournie est souvent la peur des salariés du privé, leur précarité, le manque de sécurité de l’emploi dans le secteur. Bien que véridique, l’explication reste incomplète. Des contre-exemples existent : les ouvriers des secteurs de la métallurgie, de la chimie, du Livre, nous montrent qu’une mobilisation dans le privé est possible. Il convient de rappeler que ces secteurs ont une histoire syndicale de longue date dans le mouvement ouvrier depuis le XIXe siècle. Les traditions persistent. Le secteur privé est pour beaucoup composé de salariés du tertiaire, secteur qui s’est surtout développé après-guerre. Rome ne s’est pas faite en un jour, les syndicats puis les confédérations non plus ! D’ailleurs, ce mouvement pour la défense des retraites pourrait être déterminant pour le développement du syndicalisme d’action directe dans le tertiaire. Le rôle de la solidarité interprofessionnelle, à la fois financière et active sur les piquets de grève pour empêcher la production ou la consommation, serait décisif. À l’heure de la généralisation du toyotisme et de la production en flux tendu, quelques heures de grève en période de « rush » (forte affluence) peuvent suffire à diminuer de manière significative les chiffres d’affaires sans trop perdre d’heures de travail effectuées. Que cela se sache ! Le mouvement de grève défensif, pour devenir conquérant, devra se généraliser à défaut de devenir général. Faire reculer un gouvernement est une chose, le détrôner et le faire capituler pour aboutir à nos revendications en est une autre. Les seuls secteurs clés de l’économie en première ligne ne sauraient faire battre en retraite la logique capitaliste à l’œuvre, ils ne feraient que préserver le statu quo… Et puis, si une grève générale ne se décrète pas, elle se prépare et s’organise : généralisons les AG, articulons les luttes entre elles, développons les caisses de grève, bourrons les placards de pâtes et de riz pour avoir des réserves. De plus, en décembre, beaucoup toucheront un treizième mois. Profitons-en pour faire grève. Les cadeaux de Noël ? Un poème et un collier de nouilles ! La lutte des classes devra se passer de l’abrutissement consumériste.


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