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éditorial du n° 1606

Le jeudi 30 septembre 2010.

C’est devenu une mode de faire du calendrier des mobilisations syndicales une passoire. C’est aussi devenu un mode, mode de contrôle partiel de la population salariée par l’alliance de quelques têtes des centrales syndicales avec quelques têtes gouvernementales.

Cependant le contrôle n’est pas tout à fait efficace et même un célèbre quotidien aux tonalités bleutées acquis aux opinions de la soi-disant majorité parlementaire ne peut plus cacher par quelque commentaire bien tourné les résultats des sondages – ô combien représentatifs – que ce journal a payé très cher. Les médias traditionnellement complices de la supposée « résignation » populaire évoquent la possibilité hypothétique et éventuelle d’une retraite stratégique du gouvernement, voire du rejet de quelques paragraphes du projet de loi par le Sénat. Ne nous emballons pas, l’opportunisme marchand n’y est pas pour rien.

Ces mêmes médias relatent des dissensions politiques qui se développent au sein du clan dominant UMP, un clan rival PS revigoré, toute une caste dirigeante en émoi, animée d’un opportunisme politique empreint d’orgueil et de soif de pouvoir. Si ceux-là nous prennent pour des ânes, ils me font penser à des poneys sous acide, avides et aveugles. Spectacle lassant et sans intérêt qui tend à occulter les luttes légitimes, comme celle des ouvrières de Lejaby à Bourg-en-Bresse et des ouvriers de SCA à Linselles qui occupent les locaux de leurs employeurs afin d’éviter la fermeture de leurs lieux de travail, ou comme celle des anciens de Molex à Villemur-sur-Tarn qui, dans un dernier élan, tentent d’avancer sur le terrain judiciaire pour dénoncer la fermeture de leur usine qu’ils n’ont pas pu éviter.
Ces informations-là se font rares ; encore heureux que la réforme des retraites occupe la Une de bon nombre de périodiques, même si la presse quotidienne régionale ne fait pas toujours honneur aux mobilisations.

D’ailleurs, que penser si le texte n’est finalement pas adopté ? Peut-on se considérer victorieux quand on n’a fait qu’empêcher une brique de s’ajouter à l’édifice antisocial déjà haut et solide ? Ne ferions-nous pas que remettre à plus tard la pose de cette brique, c’est-à-dire quand des conditions plus propices à la manipulation et à la confusion seront réunies ? N’oublierions-nous pas les autres briques qui sont posées à côté, en cachette (je pense à la médecine du travail, à la police, à la Justice…) ? Par-dessus tout, nous oublierions qu’il faut aussi s’attaquer au reste du mur qui petit à petit nous a enclos. Les grèves et manifestations en opposition à la réforme des retraites ne sont pas un combat qu’on gagne ou qu’on perd, c’est de toutes les façons une minuscule étape dans l’œuvre de démolition qui doit être entreprise.


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