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éditorial du n° 1604

Le jeudi 16 septembre 2010.

Mardi, nous étions 2,5 millions à battre le pavé des rues françaises pour protester contre la politique d’un gouvernement qui voudrait nous voir crever au turbin. Le soir même, Nicolas Sarkozy nous informait de son intention de ne rien lâcher et d’aller jusqu’au bout. Les syndicats, quant à eux, nous demandaient de contenir notre révolte et d’attendre patiemment une nouvelle journée d’action (sic !), prévue pour le 23 septembre. En attendant, eux se félicitaient publiquement d’avoir réussi une mobilisation d’ampleur et, dans l’ombre de certains bureaux confédéraux, d’être parvenu à encadrer et contenir la puérile colère d’une base multiple fédérée autour d’un ras-le-bol général estival. On a marché et défilé dans les rues, avec drapeaux, sifflets et tout et tout. Un beau spectacle que les télévisons ont bien retransmis. Et après ? Quelles perspectives ? Pour sûr, ce n’est pas en paradant toutes les deux semaines – même à plus de deux millions – que le gouvernement pliera. Sans réel blocage de l’économie capitaliste, nos dirigeants et leurs affidés patronaux n’auront d’autres soucis à se faire que d’être momentanément dérangé par le bruit strident des sifflets à un euro. Seule une vraie grève, interprofessionnelle et illimitée, pourra les obliger à retirer leur réforme. Mais pour y parvenir, encore faudrait-il que les travailleurs reprennent en mains ou dépassent certains appareils syndicaux, englués dans le corporatisme et la cogestion. Car, à l’heure qu’il est, nous ne pouvons rien attendre d’une unité syndicale fragile, soumise aux bonnes volontés de deux grandes bureaucraties confédérales qui, déjà, entendent négocier avec le gouvernement, non pas sur le retrait pur et dur de la réforme, mais sur ses modalités. Chacun se rappellera ici la signature matinale de la CFDT en 2003.

Mais ne perdons pas espoir car, malgré tout, l’horizon n’est peut-être pas si obscur. Car, depuis plus d’un an, même si elles ne semblent guère efficaces, nous assistons tout de même à des démonstrations de rues massives de personnes qui entendent exprimer leur colère, si ce n’est le désir d’une société plus juste, et qui, si elles n’étaient pas si fortement sclérosées par les appareils syndicaux, pourraient bien accoucher d’un mouvement social solide et enfin capable de faire flancher nos dirigeants. Maintenant, nous savons ce qu’il nous reste à faire : reprendre nos luttes en mains pour sortir du carcan bureaucrate et construire ensemble la grève générale.


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