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éditorial du n° 1601

Le jeudi 24 juin 2010.

Souvenez-vous, il y a près d’un mois, la présidente du Medef osait, dans un climat de crise mondiale, nous expliquer qu’en plus de l’augmentation de l’âge légal du départ à la retraite, il faudrait mettre en place un système de capitalisation « très incitatif, voire obligatoire » ! Mais la retraite par capitalisation, qu’est-ce donc ? Ce sont les fonds de pension, mais aussi les banques, assurances, petits et grands boursicoteurs en tout genre, sans morale ni scrupule qui veulent toujours se faire payer leur gain sur la productivité du travailleur, et donc sur leur dos.

Or qui trouve-t-on au palmarès des premiers responsables de nos crises actuelles ? Ces organismes. En douteriez-vous ? Lorsque des pays entiers jouent à se garantir une bonne retraite en capitalisant d’une façon ou d’une autre, ce sont des sommes faramineuses qui se retrouvent investis. « Mais c’est bon pour la croissance et l’investissement », nous dirons certains. Nous leur répondrons que ça l’est aussi, et surtout dans de telles circonstances, pour la création de bulles spéculatives qui engendrent ces crises en plus de mettre en place une retraite sans solidarité, laissant les plus démunis dans la misère la plus totale. Auriez-vous la mémoire courte sur ces crises spéculatives ? 1997 : crise asiatique. 2001 : crise de la bulle Internet. 2002 : crise argentine. 2007 : crise des subprimes et de l’immobilier américain. Cette dernière vient de forcer plusieurs États, aux économies dites développées pourtant, à mener des plans de rigueur et de libéralisation drastique avec la complicité de l’OMC et du FMI (merci Dominique…). Alors, lorsqu’on nous parle de capitaliser notre retraite en de telles circonstances, on frémit ! Certes, la capitalisation n’est pas à l’ordre du jour des réformes gouvernementales. Pas encore en tout cas ! Car lorsque nous mourrons sans avoir de retraites et qu’il ne faudra compter que sur nous-mêmes pour en avoir une au train où vont les choses, c’est bien cette capitalisation qui va nous pendre au nez, avec toutes les inégalités que cela engendrera : on sait bien qui peut épargner et qui ne le peut pas… On sait aussi ce que vaut une promesse politicienne et les coups portés petit à petit pour éviter une riposte frontale. Pour autant, on ne semble pas voir à l’horizon la grande grève générale. Il faut dire aussi qu’avec des appareils syndicaux qui se refusent à construire un réel mouvement social offensif, des organisations des classes ouvrières désertées et engluées dans le corporatisme et le partenariat social, ainsi qu’une conscience de classe qui a bien dépéri dans l’individualisme consumériste, cela ne semble guère optimiste. C’est pourtant bien dans le sens inverse de cette dynamique que doivent se lancer les anarchistes. Ceci dit, rappelons-nous qu’au début de Mai 1968, « La France s’ennuie » comme le titrait Le Monde. Gardons à l’esprit de n’être jamais à l’abri d’une bonne surprise…


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