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éditorial du n° 1594

Le jeudi 6 mai 2010.

« Il faut que nous produisions plus […] tout en respectant une croissance verte […], dépasser les conflits de classe […], rassembler les Français […]. Il faut s’adjoindre les jeunes. […] On a le droit de travailler après 60 ans […]. » Qui parlait ainsi sur Radio-Paris ce mercredi 24 avril ? Guéant, Fillon, Parisot ? Tout simplement François Hollande, propret présidentiable du Parti socialiste-sans-rire. Et le lendemain, sur cette même radio, Éric Woerth, ministre officiellement chargé de bousiller les retraites et l’esprit du Conseil national de la Résistance de 1945, de déclarer à ce propos et non sans raison : « D’ailleurs, le Parti socialiste est d’accord avec nous. » Ambiance. En Grèce, la crise financière, un peu trop vite enterrée, semble se réveiller hardiment. Les bons élèves de Sainte-Europe ne se battent pas pour venir en aide au bonnet d’âne hellène. Les banquiers spéculent à qui mieux mieux sur la dette en précipitant la faillite du pays et les souffrances du peuple grec. Un peu honteux, les « spécialistes » chuchotent que l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Irlande sont menacés à leur tour et s’aperçoivent que rien n’a été prévu en pareil cas par les insistants traités que les populations ont été sommées de plébisciter. Ils commencent même à admettre que ça peut déferler chez les grands rapiats, France y comprise. De l’autre côté de l’Atlantique, même tabac : Fabrice Tourre, trader fétiche de la banque Goldman Sachs, prié par la commission d’enquête du Sénat de justifier certains placements à haut risque, pirouette et nie effrontément toute responsabilité pour lui et son boss. Inéluctable, on vous dit : le capitalisme est la fin de l’histoire et la liberté d’entreprendre est à ce prix. Et puis depuis quand de fins renards risquophiles seraient-ils responsables des emplois, du pouvoir d’achat ou des vieux jours de la peureuse piétaille ? Fidèle au vieil adage marxiste – La démocratie est le luxe des peuples qui mangent à leur faim –, le géant chinois assiste, goguenard, à cette pagaille. à son tour d’être courtisé par les orgueilleux donneurs de leçons occidentaux. Et de se permettre – même si les titatas de nos serviles médias n’en pipent mot – de faire poireauter et d’humilier avec raffinement notre fringant président venu faire du porte à porte dans l’Empire du milieu. « Souviens-toi du Dalaï-lama » soupire le vent dans les bambous. Chaque jour un peu plus, le capitalisme et ses sbires, despotes, banquiers, politicards, s’essuient les pieds sur nos trognes. Mais Pasqua-le-maffieux n’ira pas en prison, épargné comme prévu, par cette justice-de-classe-aux-ordres qui met les lycéens en taule. Samedi, c’était le Premier Mai, qui n’est pas la fête du muguet, n’en déplaise à Stéphane Bern, mais la fête des travailleurs et des luttes : y’a du pain sur la planche.


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