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éditorial du Hors-Série n° 7

juillet 1997.

« En quoi reconnaît-on l’humanité en chaque homme ? » Voilà un des sujets de philosophie, parmi d’autres, proposés cette année dans l’académie de Lyon, où l’Homme avait une place de choix.

L’année prochaine, dans les programmes de baccalauréat professionnel, il sera question de citoyenneté. L’État va s’occuper des gosses de banlieue ! Dans les Hauts-de-Seine, des « journées citoyenneté » ont été organisées dans les collèges avec pour thème la solidarité afin de montrer aux jeunes, dit-on, les droits et devoirs de l’Homme dans notre belle société capitaliste. Quant aux élèves de l’école primaire, visite de mairies, de commissariats, de palais de Justice fleurissent un peu partout.

L’école, qui a toujours été un pilier de l’État pour la domination des individus a désormais un rôle précis : substituer à une révolte éventuelle des jeunes face aux inégalités un discours humaniste culpabilisant ; refaire marcher, via le concept de citoyenneté, la machine électorale bien grippée (35 % d’abstention dont beaucoup chez les jeunes lors des dernières élections).

Même à Amsterdam, les États européens, pour faire plaisir à leur population, ont « parlé » emploi et social. Cela ne mange pas de pain et permet de « faire » comme avant ! C’est-à-dire continuer les restructurations, les licenciements derrière un visage humain. Cette esbroufe va permettre aux différents gouvernements de mieux gérer les crises sociales à venir, et d’encadrer les futures révoltes. Jospin, en faisant rentrer dans son gouvernement des ministres communistes va avoir beau jeu de rappeler au PC sa participation à la signature du pacte de stabilité. Même avec un déficit public au-dessus de 4 %, le futur collectif budgétaire ne pourra qu’être approuvé à l’Assemblée, et permettra de continuer une rigueur « humaine » sur le dos des travailleurs.

Face à cette prolifération de faux-semblants, la quête de la liberté et de l’égalité sociale semblent plus que jamais d’actualité. Les anarchistes doivent continuer leurs luttes afin que cet humanisme bêlant soit combattu pied à pied. Ce discours veut gommer la lutte des classes. Dénonçons-le partout où nous pouvons lutter : écoles, entreprises, quartiers ! « La conscience d’être libre est-elle illusoire ? » (sujet philo bac). Certainement pas !


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