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Le Regroupement syndical et les assises nationales pour l’unité d’action

octobre 1954.

Tout l’histoire du mouvement ouvrier comporte une alternance de succès et de revers ou plus exactement une période de flux et de reflux de la vague prolétarienne.

La bourgeoisie aura beau endiguer le flot de diverses manières, elle ne parviendra pas à étouffer la « conscience de classe ». Au lendemain de la « libération », nous avons connu un mouvement syndical qu’on appelait alors le 4e État par analogie peut-être au rôle joué par le Tiers État en 1789.

Qu’est devenu ce mouvement syndical ? - vidé de sa substance par la collaboration de classes pratiquée tant par les staliniens que par les réformistes ; il est en stagnation.

De 1944 à 1947, la CGT rassemblait l’immense majorité des salariés. Aujourd’hui, la scission est passée par là et nul ne peut prétendre que les trois tronçons de cette puissante CGT, à présent épars, puissent ensemble rassembler six millions de syndiqués.

La CGT est de loin la plus représentative dans les diverses fédérations d’industrie. FO l’est surtout chez les fonctionnaires. La FEN autonome qui de fait, continue l’ancien syndicat de l’Enseignement. CGT est au prorata, grâce au maintien de l’unité corporative, la centrale la plus solide surtout au moment où le problème scolaire se pose dans toute son acuité.

Il y a de ça et là quelques syndicats autonomes rattachés à la CAT avec l’actif syndicat des PTT et la CNT française qui conserve une position doctrinale qui la relie à la CNT espagnole, malgré toute la différence d’évolution du mouvement ouvrier français par rapport à l’anarcho-syndicaliste typiquement ibérique (CNT-FAI).

Tous ces divers éléments, ces ilots libertaires ou syndicalistes révolutionnaires peuvent redonner force et vigueur au mouvement syndical acculé à la défensive parce qu’ils sont les grains de sable qui enrayeront la machine capitaliste renflouyée par les États omnipotents et leur technocratie. Quand on sait tout ce que l’on doit aux pionniers libertaires du mouvement ouvrier international, on est en droit d’espérer, de repenser le syndicalisme, pour le remettre dans le bon chemin.

Faisant fi de l’étroit corporatisme, du nationalisme, voire du chauvinisme, de l’apparente scission du prolétariat international en autant de confédérations mondiales qu’il y a de blocs, d’idéologies ; les travailleurs s’uniront dans l’action sur des bases simples, suceptibles de rassembler l’ensemble de la classe ouvrière.

Ils mettront à la porte le sectarisme et la volonté délibérée de noyauter, ils resteront confiants et vigilants jusqu’à la victoire finale.

Depuis 1948, date de la scission de la CGT, bien des tentatives de reconstituer l’unité brisée se sont fait jour. Jusqu’à présent, c’est le seul espoir de reconquérir le terrain perdu.

Face à la division ouvrière, il y a une unité dans la répression entre le patronat et l’État. Un seul CNPF, un seul gouvernement pour s’opposer aux revendications légitimes des travailleurs. Ne l’oublions jamais !

Est-ce à dire qu’il faille une seule organisation syndicale ? Pour l’instant, ce n’est pas réalisable, ni nationalement, ni internationalement. L’unité organique si elle ne respectait pas les divers courants de la pensée syndicale, ne serait qu’une unité de facade. L’unité d’action, au contraire, tient compte de l’inévitable pluralisme syndical en opposant un front de classe. Conformément à nos traditions, nous sommes partie intégrante du mouvement syndical.

Si nous voulons y jouer de nouveau, le rôle dévolu jadis aux Pelloutier, Pouget, Merrheim, Delesalle, etc., nous devons, tout en respectant la libre option pour les centrales où nous pouvons faire entendre nos voix anarcho-sydicalistes ensemble par le canal de notre participation active aux Assises nationales d’unité d’action syndicales.

Dans la Loire-Inférieure, notre camarade Hébert, secrétaire général de l’UD FO, mène depuis six ans le bon combat, c’est pourquoi, lors de la grève du 28 avril dernier, toute la région a débrayé dans l’unité parce qu’au préalable : CGT-FO et CFTC avaient réalisé l’unité d’action. L’exemple de Nantes et de l’influence anarcho-syndicaliste prouve que l’anarchisme peut se refléter dans son propre miroir : le mouvement syndical qui est notre bien la plus précieux parce qu’il contient en lui tout l’espoir prolétarien de devenir social et de libération humaine.

Albert Sadik

Nous invitons nos compagnons à se tenir prêts à participer largement aux Assises nationales d’unité d’action syndicales.


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