Quelle connerie, la guerre
Quand on a dit ça, on a tout dit. Et on n’a rien dit. Et encore moins fait. Et si on faisait comme si… Si on faisait comme si c’était pas sérieux, que c’était pas pour de vrai. On continuerait nos petits bonshommes de chemins, sans s’inquiéter du sort des civils qui fuient l’invasion russe, les réfugiés embarqués sur les routes de l’exil, la menace d’attaque nucléaire qu’on avait rangé au rayon des dénis. Parmi bien d’autres.
On fait un peu comme si la guerre n’avait pas lieu, mais nous vivons dans un monde en guerre. C’est vrai que c’est souvent beaucoup plus loin, du coup, est-ce qu’il y a de quoi se sentir concerné ? Et puis là, en Ukraine, non seulement c’est pas loin, mais en plus, on a un peu un bout de doigt dans l’engrenage. Ô temps, ô mœurs…
On fait un peu comme si la guerre n’avait pas lieu, mais nous vivons depuis des années dans un état de guerre sociale. C’est moins spectaculaire, gageons-le, ça ne se règle pas à l’arme lourde ou façon guérilla urbaine, mais ça fait du dégât aussi. Quand-même. Seulement non, on ne va pas faire comme si la guerre n’avait pas lieu : c’est le thème de notre dossier du mois. On avait prévu autre chose mais cette actualité-là nous a rattrapés, comme pour des millions de gens. L’actualité de la guerre est brûlante mais que ça n’empêche pas de continuer à vivre et à penser. En toute solidarité avec celles et ceux, premières victimes de tous les conflits du monde, qui souffrent de cette connerie.
Christophe (CRML)