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Marchais est mort

et le stalinisme ?
Le jeudi 27 novembre 1997.

Est-ce ici le lieu pour la nécrologie d’un ennemi ? Alors qu’une des expressions à la mode est le « devoir de mémoire », largement ressassée par des individus qui pensent surtout au devoir de voter pour les élire, il importe de signifier que la mémoire peu aussi inciter à ne pas voter.

Sans chercher l’exhaustivité, nous dirons simplement que nous ne regretterons pas que sa bêtise crasse ait fait fuir plus de la moitié de son électorat durant la période où il fut secrétaire général ; c’est le problème du P.C.F. d’aujourd’hui, pas le nôtre. On regrettera pourtant que beaucoup de ces électeurs votent maintenant pour le F.N. Dans cinquante ans, ce qui restera du P.C.F. se repentira…

On ne regrettera pas la mainmise du bureau politique sur les décisions d’une certaine confédération syndicale… Mais cela a-t-il vraiment changé depuis ? Officiellement, oui, bien sûr, mais c’est déjà ce que disait Marchais… Combien de travailleurs écœurés du syndicalisme ?

On ne regrettera pas sa langue de bois, car seuls les amateurs du genre resteront inconsolables : leur grand maître est mort.

On ne regrettera pas les soirées où il jappait à la télévision à en faire péter l’audimat : c’était honteux de sottise.

Les militants communistes, eux-mêmes, ne le regretterons pas, ceux de sa génération en tous cas, car beaucoups ont été résistants tandis que lui fut volontaire pour le travail obligatoire en Allemagne. Sa défense lors de cette accusation fut d’aileurs un de ses plus grands chef-d’œuvre de langue de bois.

Il était aussi bien capable de déclarer avoir « pris toute la mesure du rapport Khrouchtchev » que de gratifier l’U.R.S.S. et les pays de l’Est d’un « bilan globalement positif » : ce n’était pas de la dialectique, mais un ordre de Moscou.

En 1980, alors que l’invasion de l’Afghanistan fait grand bruit en Europe, après avoir complètement épuisé les recours à la langue de bois, il se rend à Moscou pour savoir enfin quoi dire au journalistes… Il déclare alors : « Je pose la question : pour quelle raison l’Afghanistan et l’Union soviétique n’auraient-ils pas le droit de conclure des alliances défensives ? » Ajoutant alors qu’un traité de 1978 « prévoit qu’à la demande de l’une des deux parties, l’autre peut lui accorder une aide militaire pour assurer son indépendance, la défense de son territoire. » Chef-d’œuvre.

Encore un ? Dans la même interview, s’en prenant aux journalistes : « J’étais à Cuba la semaine dernière. J’ai vu Cuba. Il ne s’y trouve pas un soldat de plus qu’en 1962, lorsqu’ont été conclus les accords entre Krouchtchev et Kennedy. Vous portez donc la responsabilité terrible devant l’humanité d’avoir mené une campagne mensongère. » Son « j’ai vu Cuba » signifiait qu’il avait compté les soldats. Restait plus qu’à le croire… Salut connard !

Le Furet





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