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André Bernard devant ses juges

juin 1961.

Le 24 mai, notre ami André Bernard comparaissait devant le tribunal militaire de Bordeaux. Nos lecteurs connaissent les faits [1] Il y a quelques années, au lieu de répondre à la convocation du conseil de révision, André, qui avait déjà pris sa décision, choisissait la liberté. Quelques mois plus tard, il écrivait au ministre de la guerre :

« Je me réclame d’un idéal socialiste libertaire non violent et internationaliste. Je ne reconnais à personne, ni à l’État, le droit de disposer de moi ; je veux travailler pour un monde de justice, de fraternité et de libre conscience ».

André a tenu parole. Dans ses années d’exil, sur les chantiers du SCI, il a effectivement travaillé pour un monde de justice et de fraternité.

Puis, il a décidé de rentrer et de se mettre à la disposition des autorités pour effectuer un service civil en Algérie.

Il savait, lui qui avait une situation raisonnable en Belgique, que c’est la prison qui l’attendait.

Il n’a pas reculé. Le président du tribunal a bien essayé de mettre André dans l’embarras, en prétextant l’impossibilité pour l’homme, de vivre totalement libre, puisque, disait-il, l’autorité est nécessaire pour organiser le monde. Peine perdue !

Avec le courage tranquille de ceux qui sont en accord avec leur conscience, André a réaffirmé ses convictions libertaires et pacifistes.

Il l’a fait sans orgueil, très simplement, mais avec une telle sincérité qu’il faut être juge et militaire pour ne pas se laisser émouvoir.

Le tribunal a jugé : 1 an de prison avec sursis. Le sursis, à condition qu’André fasse son service militaire !

Autant dire que cette mesure qui parait clémente, ne l’est pas, puisque nous savons bien, nous qui le connaissons, qu’André ne reculera pas.

Avec un grand sourire pour tous les copains qui étaient dans la salle, André a écouté le verdict…

Les anarchistes ne se contentent pas de promesses et les motions de congrès ne doivent pas, comme chez les politiciens, rester lettre morte.

Il faut lutter ! Lutter sans trève ni repos, pour briser les barreaux des prisons, pour mettre bas la bête militariste, pour qu’André et tant d’autres nous reviennent, afin de travailler à un monde de justice, de fraternité et de libre conscience.

Joachim


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