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Mort subite d’un gangster

Le jeudi 27 mars 2003.

Le premier ministre d’un des États satellites les plus marginaux de l’UE et de l’Otan, et aussi l’un des plus vigoureux partisans de l’adhésion de la Serbie et du Monténégro à ces organisations, connu pour ses liens avec différents gangs criminels (relations indispensables pour prendre et conserver n’importe quelle forme de pouvoir) a été assassiné aujourd’hui à Belgrade.

Si Zoran Djindjic avait été tué par la classe ouvrière exaspérée, consciente de ses véritables buts et des raisons de son mécontentement, sa mort serait, peut-être, entrée dans l’histoire de la civilisation humaine. Il aurait rejoint le club d’autres célébrités : Marie-Antoinette, Louis xvi ou le tsar Nicolas ii Romanov.

Zoran Djindjic, le criminel, a été tué par d’autres criminels. Cet affrontement n’est pas le nôtre. C’est un affrontement entre ceux qui détiennent le pouvoir et la gouvernance pour plus de pouvoir et une gouvernance plus large. Les gens honnêtes, qui dans de telles circonstances sont prédestinés au rôle de sujets impuissants et de spectateurs, n’ont jamais eu ni l’un ni l’autre.

Rester vigilants est, dans une situation comme celle que nous connaissons, de la plus haute importance. Les conséquences de cet événement qu’on nous imposera, à nous exploités de Serbie, ne doivent en aucun cas nous embrouiller. Ce qui est appelé « réformes » va se poursuivre, des milliers de gens seront licenciés et leur vie continuera à être écrasées par les privatisations.

À peine nommé, Hackman continuera les plans de ses prédécesseurs. Les quelques libertés qui ont été gagnées par la lutte lors de la rébellion d’Octobre seront remises en cause. Avec angoisse nous observons le renforcement des forces répressives.

L’état « de précaution extraordinaire » imposé par l’État tout comme la déclaration terrifiantes du ministère du Travail qui remet en cause un des droits humains de base, le droit de se syndiquer et de faire grève, apparaissent comme la confirmation des pires craintes. Cet État va sûrement utilisé ce prétexte pour combattre toutes les voies dissidentes et s’en prendre à la résistance organisée.

L’Initiative anarcho-syndicaliste appelle les exploités de Serbie à s’organiser eux-mêmes dans de fortes organisations révolutionnaires afin d’en finir une fois pour toute avec les problèmes essentiels : le système économique d’exploitation (le capitalisme) et l’organisation sociale hiérarchisée (l’État). Ce n’est qu’ainsi que les mots de liberté, d’égalité et de solidarité retrouveront leur véritable sens.

L’Initiative anarcho-syndicaliste refuse les ordres du ministre du Travail, continue son action par tous les moyens possibles et exprime sa solidarité avec tous ceux qui n’acceptent pas de sacrifier leurs intérêts de classe sous prétexte qu’un gangster est mort. Une autre guerre est possible : la guerre de classe.

Initiative anarcho-syndicaliste, info@inicijativa.org





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