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Porto Alegre

Les Anars aussi

Le jeudi 27 février 2003.

En parallèle au FSM de Porto Alegre se sont tenues des journées anarchistes. Y étaient représentés la Fédération anarchiste uruguayenne, la Fédération anarchiste gaúcha, le collectif éditorial Luta Libertária de São Paulo et le Laboratoire d’études libertaires de Rio de Janeiro. Ces organisations ont signé une déclaration finale, expression d’un accord profond et résultat de plusieurs années de travail commun.

Le fond en est franchement anarchiste et se démarque fortement de la social-démocratie. Ces libertaires n’attendent de solution aux problèmes de l’Amérique latine que venant de l’union des opprimés. Ils rejettent avec vigueur les organismes supranationaux comme l’Organisation des États américains ou l’Alca (zone de libre-échange des Amériques) qu’ils considèrent comme des outils de l’impérialisme. Ils n’attendent naturellement pas de salut des États nationaux, « valets de l’Empire ».

Leur ennemie déclarée est la division des exploités qui laisse le champ libre à l’escalade militariste et à la domination du monde par une superpuissance. Car si les États-Unis ne sont cités qu’une seule fois, presque au détour d’une phrase, c’est bien ce pays qui est dans la ligne de mire des anarchistes sud-américains. On comprend que les natifs de ce continent voient d’un œil ironique George Bush donner des leçons de démocratie : les Saddam Hussein, ils en ont eu leur part, et plus. Et chacun sait que la CIA tirait les ficelles.

Bref, solidement ancrés sur le terrain de l’anarchisme prolétarien, nos compagnons s’apprêtent à mener des luttes de titans.

ML


Le texte complet de la Déclaration est disponible sur A-infos (www.ainfos.ca) en portugais et en français dans une traduction de El Jorge, que nous remercions.

Extraits de la Déclaration finale

« Cette partie du monde s’est construite sur l’invasion de toutes les nations et peuples originels de notre terre, que les oppresseurs ont appelé indigènes, tout comme les peuples des nations d’Afrique furent traités de nègres. Notre lutte s’inscrit dans la résistance indienne, noire et populaire depuis 500 ans. Il nous appartient de chercher constamment des alternatives pour aujourd’hui, actions et formes, pour résister en faisant de la mémoire des luttes un instrument générateur d’identité.

[…]

 » Nos organisations tentent d’accomplir leur part dans la résistance latino-américaine, construisant un anarchisme engagé et identifié avec les classes opprimées, inséré dans le milieu populaire, impulsant les luttes, l’action directe à tous les niveaux, l’indépendance de classe, l’autogestion et la solidarité entre ceux d’en-bas.

Nous ne nous voulons ni ne sommes l’avant-garde de rien du tout. Les peuples ont toujours su choisir leur propre chemin. Nous savons que nous devons toujours respecter les rythmes et processus divers des différents espaces sociaux. L’autodétermination des peuples s’exprime de manière externe face à l’ennemi, et, en interne, dans les avancées des formes d’organisation populaire.

 » Notre tâche aujourd’hui est de faire l’effort de rassembler tous les secteurs populaires en lutte qui existent dans chaque recoin d’Amérique latine, en recherchant l’unité d’un front des classes opprimées capable de stopper les avancées de l’Empire en notre terre. Le poing fermé pour l’ennemi de classe, la main tendue au compagnon de lutte ! Pour le socialisme et pour la liberté, vivent ceux qui luttent ! »





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