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Nous sommes tous des usagers

Le jeudi 9 janvier 2003.

La SNCF a entamé une campagne virulente contre la fraude. Elle repose sur un seul et unique argument : la fraude coûte cher, 200 millions d’euros. La campagne publicitaire — dont on ne connaît pas le coût — pose les fraudeurs comme responsables d’un moindre confort (absence de bancs, d’escalators, etc.). Pour la SNCF, il paraît évident que nous préférons plus d’escalators plutôt que de permettre à des personnes de voyager sans titre de transport ?

En martelant la somme de 200 millions d’euros, la SNCF joue sur des chiffres démesurés pour chacun d’entre nous. Une somme qui représente moins de 1 % de son budget. Elle nous fait passer pour un coût la fraude, alors qu’il s’agit d’un manque à gagner.

Depuis quelques mois, des personnes vont en prison
pour ne pas avoir payé leur titre de transport. Ces personnes paieront-elles désormais les transports ? Eu égard à leurs ressources financières, il semble plus que probable qu’elles arrêtent de payer les transports en commun. Pourquoi la SNCF ne présente-t-elle pas le débat d’une autre manière : Êtes-vous d’accord que pour 200 millions d’euros, la SNCF permette aux plus pauvres d’entre nous de voyager ? La première mission d’un service public n’est-il pas de permettre à toutes et tous d’y avoir accès ?

En outre, il est surprenant de voir que la SNCF fasse
subitement appel à l’opinion des usagers, en présentant une alternative fraude contre confort. Lorsque la SNCF supprime des lignes ou des arrêts, augmente les tarifs, s’enquiert-elle de l’avis des usagers ? Cette campagne n’est donc pas là pour nous interpeller, mais entre dans un processus réel de privatisation de la SNCF, de marchandisation des transports en commun.

Il n’y a plus d’usagers, il y a des clients rois et des fraudeurs. La SNCF entend dresser les premiers (dont le confort est spolié) contre les autres.

Refusons cette catégorisation des voyageurs (les bons et
les mauvais).

Solidarité entre fraudeurs et non-fraudeurs !

« Lutter ici et maintenant pour un accès libre et égal à la mobilité. »


Réseau pour l’abolition des transports payants
145, rue Amelot
75011 Paris

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