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Besançon

MI/SE, la lutte s’amplifie

Le jeudi 23 janvier 2003.

Suite aux mouvements de grève répétés qui ont eu lieu depuis la mi-octobre pour protester contre le plan Ferry, un collectif de surveillants et aide-éducateurs s’est créé à Besançon le 17 décembre (comme à Nantes, Rennes, Brest, Toulouse, Angers, Lyon, Limoge, La Réunion, en Guadeloupe, en Corse, etc.). En effet, ces fonctions seront en situation périlleuse dès la rentrée 2003 : suppression de 5 600 postes de surveillants, 20 000 postes d’aide-éducateurs et création, en contrepartie, d’un nouveau corps professionnel : les assistants d’éducation.

Or ces postes de surveillants, qui étaient jusqu’alors réservés aux étudiants de milieu modeste afin de leur permettre de financer leur cursus universitaire, seront attribués non plus en fonction de critères sociaux, mais par les chefs d’établissement selon des normes fluctuantes. Les luttes menées auparavant pour permettre la démocratisation de l’accès au savoir n’auront servi à rien.

La création des aide-éducateurs (qui sont des emplois-jeunes) laissait déjà envisager de telles réformes. Ces postes, qui auraient dû notamment permettre aux individus de participer à des formations payées par le rectorat, sont déjà des statuts bâtards ; et le corps d’assistants d’éducation que propose le plan Ferry promet bien pire encore.

Il convient en particulier d’évaluer les risques pédagogiques d’une telle entreprise. Les acteurs sociaux en poste actuellement sont des individus ayant tous moins de 29 ans ; ils sont, au niveau générationnel, proches de la population des élèves des établissements et donc plus aptes à comprendre leurs problèmes potentiels. De plus, comme le temps qui s’est écoulé depuis leurs classes de collège et de lycée est assez proche, les programmes qu’ils ont étudiés sont encore plus ou moins enseignés, ce qui leur permet d’apporter une aide pédagogique vivante. Or les personnes qui seront recrutées dès septembre ne posséderont pas forcément ces caractéristiques qui font des surveillants et des aide-éducateurs actuels des agents indispensables et nécessaires au bon fonctionnement de l’institution « école ».

En contestation, le collectif a organisé la mobilisation. Quatre jours de grève, du 15 au 18 janvier inclus, une série de réunions, des distributions de tracts et une manifestation ont été organisées afin d’informer les populations concernées (élèves, parents d’élèves, etc.) et d’exprimer leur refus massif des réformes. Une assemblée générale a décidé le jeudi 16 janvier de reconduire la grève jusqu’au 22 inclus.

Nous étions environ 200 MI/SE/AE présents à ce rendez-vous du vendredi 17, plus deux centaines de professeurs et instituteurs. Cela nous à permis d’être reçus par le rectorat. Nous avons exprimé nos revendications ainsi que notre indignation face au refus du rectorat et des établissements de respecter le droit de grève des surveillants et aide-éducateurs.

Effectivement, face aux différentes actions impulsées par le collectif, le rectorat réagit de manière illégale en intimidant les MI/SE. Il les menace de ne pas reconduire les postes qu’ils occupent actuellement, et n’assume pas son rôle d’intermédiaire avec les établissements en ne leur signalant pas les préavis de grève des surveillants, qui se retrouvent en situation délicate face à leurs supérieurs. La mauvaise foi du rectorat est symptomatique du refus du ministère de prendre en considération les revendications des salariés touchés par le plan Ferry.

Le collectif envisage l’occupation du rectorat et des fermetures d’établissements. D’autre part, pour construire un important mouvement, rejoindre la coordination nationale des surveillants/emploi-jeunes créée le 14 décembre semble nécessaire.

L’objectif principal de ces actions est de rallier tous ceux et toutes celles touchés par les réformes engagées par le gouvernement actuel dans une mobilisation générale et solidaire.

Maxime, groupe Proudhon





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