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La Grande braderie

Le jeudi 29 janvier 2004.

Face aux innombrables difficultés générées par ce gouvernement de classe, celui-ci n’a qu’une parade : faire voter une loi.



C’est Mattéi qui propose une loi pour lutter contre les problèmes de pollution (légionnellose).

C’est Chirac qui veut, avec les partenaires dits « sociaux », faire voter une grande loi de mobilisation pour l’emploi.

C’est encore Mattéi qui concocte une loi pour réformer la Sécurité sociale.

C’est Perben qui propose, lui aussi, une grande loi sur le divorce.

Après la loi Fillon sur la réforme des retraites et la loi Sarkozy/Perben sur la sécurité, c’est maintenant Ferry qui y va de la sienne, avec une loi sur la laïcité.

Quel aveu d’impuissance ! Veulent-ils simplement se rassurer ou tout simplement mettre au pas les citoyens trop encombrants ou gênants ?

à ce jeu de l’oie (lois), il sera très difficile d’éviter la sanction, le bannissement, l’expulsion, la prison.

La loi appelle la répression, les atteintes aux libertés individuelles. Elle ne règle jamais les problèmes de fonds. Bien au contraire, la loi est faite pour protéger les possédants, l’État ; elle est au service des capitalistes et toujours autoritaire.

N’est-ce pas certains sénateurs qui proposent, au sujet du projet de loi sur le port du voile, de légiférer en même temps sur l’interdiction de tous signes religieux, mais aussi politiques, et pourquoi pas physiques (barbes, tatouages etc.) ? Et pourquoi pas le retour de l’uniforme à l’école, pour soi-disant supprimer les différences ?

L’État se sert des différentes religions, elles sont les relais importants, car elles opèrent sur l’intelligence, maintiennent l’individu dans l’obscurantisme, l’ignorance, le fatalisme ; elles empêchent la prise de conscience, prêchent la résignation.

Et le port du voile à l’école, au bureau ou dans la rue n’est, en fait, que l’expression de l’aliénation de la femme et la réduit à l’état d’objet et de désir sexuel (C. Djavann, Bas les voiles).

Pendant que l’on discute sur le port ou non du voile, l’État évacue le débat fondamental sur le devenir de l’Éducation Nationale. Foulards, bandeaux, serre-tête etc. sont le cache-sexe d’un enseignement qui se barre en quenouille, d’un enseignement livré au privé, au patronat et à la loi du profit.

Ce n’est pas une loi qui réglera le problème de l’égalité entre hommes et femmes, mais bien la prise de conscience de ces mêmes hommes et femmes qui brisera l’oppression et permettra l’émancipation de l’individu, sans s’attirer de sanctions de la part des pouvoirs politiques, religieux et du patronat.

Ce n’est pas ce salarié de la SAGEM en Seine-Maritime qui me contredira, lui qui a été licencié, parce qu’il venait travailler en bermuda ! Le comble du « raffinement », c’est qu’aujourd’hui, son entreprise l’attaque aux Prud’hommes et demande des dédommagements pour préjudice. Quelle hypocrisie !

N’est-ce pas le pouvoir, l’État qui bafoue en permanence la loi sur la séparation de l’Église et de l’État : les conseillers régionaux, les conseillers généraux, les maires prennent néanmoins en charge les bâtiments des écoles, des collèges, des lycées privés, ainsi que les églises. Certains frais d’enseignement et salaires d’enseignants du secteur privé sont également financés par les deniers publics.

N’est-ce pas en 1996 que le Conseil général du Morbihan (avec un représentant communiste) a versé une subvention à l’église pour financer la venue de Jean-Paul « la branlette » à Saint-Anne-d’Auray ? Bas les masques !

Au nom de la loi, l’État tente d’emprisonner l’individu, de le maintenir sous sa dépendance.

Au nom de la loi, l’État impose toute son autorité et justifie la répression.

Au nom de la loi, l’État protège les « puissants », une minorité contre une majorité.

Au nom de la loi, l’État instaure la misère, la pauvreté, la précarité.

Il est urgent de désobéir aux lois. Militons pour que chacun prenne conscience de sa force, de son pouvoir et décide de sa destinée sans subir l’oppression. La loi n’a jamais rendu ceux qui la créent, plus justes ; bien au contraire, ils se font les porteurs de l’injustice.

Justhom





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