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Ces Gouapes qui nous gouvernent

Le jeudi 5 février 2004.

Les centrales syndicales (CGT, CFDT, CGC, FO, CFTC), les gouvernements, de gauche comme de droite, sont les complices, les suppôts du patronat (Medef). Ce sont les hommes de main du patronat : ils accomplissent les basses besognes, et font passer les mauvais coups contre les travailleurs. La machine est bien huilée ; à chacun sa partition.

Pour le gouvernement, il s’agit de légiférer, de voter les lois antisociales qui réduisent les acquis sociaux à une véritable peau de chagrin. La liste des mauvais coups s’allonge : retraites, RMA, chômage, allocation spécifique de solidarité, aide personnalisée à l’autonomie, éducation, petite enfance, réforme des universités, fonds de pension, assurance-maladie, réduction de remboursement pour plus de 600 médicaments, casse des services publics, privatisation d’EDF, France Télécom, La Poste (diminution de personnel), déréglementation du Code du travail, les 35 heures (déjà cheval de Troie de la flexibilité et de l’annualisation du temps de travail) qui ont, en gonflant le nombre d’heures supplémentaires, aggravé les conditions de travail.

Il faut, à tout prix, refondre notre paysage social, et pour cela, ces Ostrogoths ne manquent pas d’air. Bref, si nous sommes dans la merde, demandeurs d’emploi, malades, etc., si nous mourons de la canicule, du froid, c’est de notre faute ; nous ne faisons pas d’effort, nous attendons trop de l’État-providence.

Donc, il faut s’attaquer au mal « en culpabilisant la personne, c’est l’individu qui est seul responsable ». C’est une véritable récupération par les mots : les vrais responsables, les patrons, qui sont la cause des licenciements, des plans sociaux sont ainsi mis hors de cause. Les gouvernements qui cautionnent et qui vont plus loin en s’attaquant par les lois à la notion même de solidarité ne se sentent pas concernés.

Les syndicats pratiquent une collaboration de classe, car ils espèrent tous quelques miettes de cette soumission (gestion des fonds de pension, par le biais des CE). Ils se couchent, se rendent complices. Ils se vautrent dans la fange du paritarisme et, en son nom, ils sont responsables des mauvais coups portés aux travailleurs qu’ils sont censés défendre. Ils ont souvent fait des propositions antisociales : Mme Notat, en 1992 en qualité de présidente de l’UNEDIC, a mis en œuvre le dispositif de diminution de l’assurance-chômage, de 90 à 57 %.

Le déjà fumeux Chérèque avalise les mauvais coups portés au printemps dernier contre les retraites : rallonger la durée des cotisations, diminution des indemnités de retraite, diminution des avantages acquis pour le calcul des retraites, etc.

La CGT, incapable d’avoir une stratégie, n’a que le souci de donner des gages au patronat et coller à la CFDT pour se vautrer dans la participation économique et sociale, et abandonner la lutte de classes (dixit Thibault), et siéger à la Confédération européenne syndicale et en récolter les subsides.

Quant à FO, Blondel n’a pour but que de retrouver sa position dominante de gestionnaire avec le patronat, dans les différentes institutions sociales (Sécurité Sociale, Assedic) qui lui apportent des financements importants, ou des salaires payés par la mairie de Paris (merci Chirac).

Ces cinq organisations syndicales prétendent vouloir représenter les travailleurs au sein des organismes paritaires, alors qu’elles représentent, toutes ensemble, à peine 10 % des salariés. C’est un hold-up, une insulte aux travailleurs.

Diviser pour régner, flatter l’ego de ces messieurs, leur donner l’illusion du pouvoir, une présidence, et le tour est joué.

Tranquillement, ces voyous transforment l’état-providence en état-répressif (mise en place du RMA, de pressions contre les chômeurs, en culpabilisant les « fainéants », développant les emplois précaires).

De plus en plus, l’État se cantonne à ses fonctions régaliennes et laisse toute la place à l’entreprise citoyenne, l’entreprise providence avec les possibilités d’exploitation au maximum, en obligeant les travailleurs à se vendre pour des salaires de misère ne leur permettant pas de vivre décemment (loyer, instruction des enfants, soins, loisirs).

Ici intervient la famille-providence, la solidarité familiale, très encouragée : on ne peut pas laisser un membre de sa famille dans la mouise.

Tout est organisé pour culpabiliser l’individu, alors que les véritables responsables sont cachés derrière des discours vaporeux, lénifiants où ils sont présentés comme des sauveurs du système.

Mais quelle prétention ! L’État et les partenaires dits sociaux s’emploient à casser les systèmes de solidarité, les emplois, à précariser, licencier les travailleurs pour mieux les prendre dans leurs rets. Une fois pris dans la nasse, aucun moyen de s’en sortir : « Vous êtes pris en charge » pour être mieux exploiter.

Mais, méfiez-vous de l’eau qui dort : le refus de participation au système n’est pas indifférence. Il s’abreuve de littérature contre toutes les oppressions, permet la réflexion émancipatrice et la préparation à la révolution, et les poings à vous envoyer dans la poire !

Justhom


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