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Ça branle dans le manche…

Le jeudi 15 avril 2004.

Raffarin arborait jusqu’à présent, en médaille de sa réussite, sa capacité à avoir pu préserver la race des ânes du Poitou. Aujourd’hui, il doit faire face à un autre défi, pense-t-il : sauver l’UMP.

Certes les ânes ont leur utilité mais l’UMP ?

En effet, ce parti, constitué au lendemain de l’élection de Chirac en 2002, a pour seul objectif d’être une écurie de candidats pour les élections, de la commune à la tête de l’État. C’est ainsi qu’il a agrégé les gaullistes, les libéraux, les chrétiens sociaux, voire certains vieux radicaux (pour les deux derniers, ne pas les confondre avec ceux de l’écurie d’en face : les sociaux chrétiens et les radicaux de gauche), tous embarqués sur le même bateau dans l’espoir de rassembler les bulletins de vote. Cette arche, en passe de devenir celle de Noé, imposait sa discipline : se taire et marcher au pas du gouvernement.

Là où ça dérape, c’est quand le gouvernement trébuche et que chacun de ces jeunes ou vieux baudets s’interroge sur le bien fondé de suivre le muletier. La charge est lourde et le bât blesse.

Première rebuffade : adopter ou ne pas adopter la loi sur la décentralisation ?

Le vote initialement prévu le 7 avril est repoussé de quelques jours, les vieux grognards du gaullisme montent au créneau, c’est le bazar chez les députés. Certains ne comprennent plus le Chef, le général les a menés à la boucherie et il n’est pas remplacé !!!

Courageux les élus mais pas au point de perdre leurs indemnités et la voiture avec chauffeur.

ça tergiverse sérieux sous les ors de la République, seul Barrot vient à bout de la fronde par une de ses propositions que seul un extrémiste du centre pouvait trouver : on va voter la loi, mais c’est pas pour du bon, on la discutera quand il faudra l’adopter.

Tous les baudets sont contents et le muletier aussi, il n’y aura pas d’onagres, le vote aura lieu le 14 avril. Les bourricots, présidents de régions, de l’écurie d’en face, auront été écartés et le bon peuple saura qu’il y a un chef à la tête du troupeau.

Mais le mulet est introduit et la continuité de l’UMP n’est plus garantie. Chacun y va de la création de son courant : Madelin réuni ses ouailles, Méhaignerie pleure sa Bretagne catholique passée des chrétiens-sociaux aux sociaux-chrétiens, Debré en appelle au jacobinisme. C’est la chienlit.

Enfin, Raffarin doit tenir 100 jours avant le prochain scrutin des Européennes.

Le système parlementaire vient de nous démontrer en peu de temps toute sa fragilité. Certes le gouvernement poursuit dans sa voie et annonce à tour de bras qu’il va privatiser pour remplir les caisses de l’État et parvenir aux critères de stabilité du pacte de l’Union européenne.

Pour autant, y compris dans ses rangs, personne croit au bien fondé de cette politique, il semble avancer là où le porte la vague du libéralisme avec pour seul soutien déclaré le Medef.

Concernant l’alternative : la gauche parlementaire, elle n’est pas crédible. C’est elle en effet qui a initiée la décentralisation, accrue les privatisations, notamment avec le ministre communiste Gayssot concernant les transports et a déclaré par la voix de Jospin qu’il fallait repousser l’âge de la retraite.

Les temps à venir pourraient être incertains, le pouvoir est fragile, la rue pourrait nous revenir.

Delgranados





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