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La « Transition » vers la démocratie à Cuba

Le jeudi 8 avril 2004.

« Je ne peux pas ne pas penser à l’île de Cuba et à ses nombreux exilés. Comme tant d’autres Espagnols, je viens d’une famille qui a des racines à Cuba. L’île des Caraïbes est une des dernières anomalies historiques, pas seulement des Amériques, mais du monde entier. Je veux réitérer ici mon désir et mon espérance de dire bientôt bienvenue à Cuba dans la communauté des nations libres. » José María Aznar



Au-delà de la forme rhétorique avec laquelle le président du gouvernement espagnol s’est référé, dans son discours au Congrès des États-Unis, à la tragédie qu’est en train de vivre le peuple cubain, ce qui importe réellement c’est de mettre en évidence la raison pour laquelle le fasciste-démocrate Aznar a exprimé ainsi et maintenant cette « espérance »…

Depuis quelques années, et au fur et à mesure que Fidel Castro paraît s’approcher de la fin de son existence ou de son incapacité physique, le changement de régime à Cuba a commencé à préoccuper tous les partis et les États qui ont des intérêts dans l’île. Adopter des positions critiques à l’égard du régime castriste en prévision de ce changement est donc une attitude qui s’est généralisée, y compris parmi les politiques et chefs d’État qui, jusqu’à il y a peu, n’avaient aucun scrupule à se faire photographier à côté du « commandante ». Tel est aussi le cas d’Aznar et du roi d’Espagne lui-même. Les raisons sont évidentes et les objectifs aussi, parce qu’il n’échappe à personne que le changement est inévitable et que ce dont il s’agit, pour ces politiques et ces gouvernements, c’est de peser pour que la « transition » aille dans le sens de leurs intérêts. Pour Aznar, comme pour tous les fascistes-démocrates européens, nord et latino-américains, l’espoir c’est que Cuba, après avoir été une « anomalie historique », assume pleinement et ouvertement la gestion capitaliste de l’économie. C’est cela l’espérance, il est là l’objectif, mais ce qui leur importe le moins c’est la bonne fortune du peuple cubain : exploité et dominé jusqu’à présent par l’État castriste et les multinationales (dont beaucoup sont espagnoles) et, demain, par les mafias bureaucratiques castristes recyclées et associées au capitalisme cubain exilé et au capitalisme international. C’est cette « liberté » que les fascistes-démocrates veulent maintenant pour le peuple cubain, qu’ils oublièrent et abandonnèrent durant de si longues années pendant qu’ils négociaient avec ce populisme révolutionnaire qui servait de façon si splendide leurs intérêts en contrôlant le peuple et en détruisant le mouvement ouvrier émancipateur à Cuba et dans d’autres pays.

En réalité, les tardives et hypocrites déclarations d’Aznar, comme celles des autres fascistes-démocrates qui prétendent maintenant condamner de façon si ostentatoire la dictature castriste, ont seulement pour objectif de faire croire au peuple cubain qu’il est leur ami et qu’il n’y a pas d’autre alternative que celle du capitalisme ; mais ce qu’ils craignent le plus c’est que ce peuple tente réellement un autre changement, une alternative entre le populisme révolutionnaire et le capitalisme : l’autogestion de l’économie et de la société par les travailleurs.

Extrait du bulletin n° 1 des Galsic [1]


Pourquoi les Galsic ? et pour quoi faire

La recrudescence de la répression castriste contre toute forme de dissidence nous incita à envoyer une lettre ouverte, au début du mois de septembre 2003, en proposant à la militance libertaire internationale la création de groupes d’appui aux libertaires et syndicalistes indépendants qui luttent à Cuba pour que le peuple récupère la liberté d’expression, de réunion et d’association, pour décider de son futur après plus de quarante années de dictature. Comme on pouvait l’espérer, les réactions furent nombreuses et coïncidaient dans l’urgence de cette solidarité et dans la nécessité de la coordonner pour la rendre effective et efficace.

Avec cette convergence, et sachant que la majorité était disposée à fonctionner comme un réseau ouvert, non centralisé, pour que l’information et les propositions puissent circuler directement (à travers Internet ou d’autres moyens de communications), nous avons décidé de constituer le premier groupe des Galsic en France.

Notre proposition est donc de servir, provisoirement, de trait d’union entre ceux qui ont manifesté leur approbation pour constituer, au niveau international, une coordination qui nous représente tous et qui renforce notre solidarité.

Vous pouvez contacter les Galsic en écrivant à : GALSIC, Tribuna Latinoamericana, 145, rue Amelot, 75011 Paris.

  • Courriel : cesamepop@noos.fr

[1Groupes d’appui aux libertaires et syndicalistes indépendants à Cuba (février 2004)





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