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Nikola Tesla

« Énergie libre : solutions pour une petite planète »
Le jeudi 24 juin 2004.

À l’heure où nos réserves d’énergie polluantes et dévorantes épuisent les ressources limitées de la Terre, face à des compromis d’utilisation coûteuse d’énergies alternatives (photovoltaïque, éolienne) ou dangereuse à long terme (fusion nucléaire, gaz naturel), il serait intéressant de re-découvrir un génial inventeur qui consacra sa vie à la recherche scientifique, sans pour autant oublier le but ultime de toute nouvelle application, à savoir le réel bonheur de l’individu.

Il proposa, mis au point et fit breveter plus d’une dizaine d’inventions qui rendraient bien ternes nos plus fous rêves de science-fiction.

Écoutons-le lors d’une conférence du 20 mai 1891 à l’American Institute of Electrical Engineers de New York :

« Avant longtemps, nos machines seront alimentées par une énergie disponible en tout point de l’univers. L’idée n’est pas nouvelle. Nous la trouvons dans le mythe d’Antée, qui tire l’énergie de la terre. à travers tout l’espace se trouve de l‘énergie.

 » Cette énergie est-elle statique ou cinétique ? Si elle est statique, nos espoirs sont vains ; si elle est cinétique — et nous savons qu’elle l’est — les hommes réussiront bientôt à connecter leurs machines aux grands rouages de la nature. »

L’espace ne serait donc pas vide entre les atomes de matière, mais rempli d’une énergie estimée à 5 000 kWh par cm 3 !

Il serait possible de la faire agir avec des champs électromagnétiques ou bien de la matière.

Tesla prétendait que cette force, appelée « éther » en Occident, pouvait être utilisée à des fins industrielles et il en fit la preuve.

Il travailla aux côtés de grands inventeurs tels que Edison, Westinghouse, Marconi, et fut vite remarqué par son entourage pour ses connaissances techniques. Dès lors, les plus grandes banques des États-Unis financent ses projets :

  • 1883, construction de son premier moteur à champ tournant ;
  • 1885, invention d’une lampe à arc à laquelle il donne son nom ;
  • 1886, brevet sur le moteur thermodynamique ;
  • 1890, invention de la diathermie et de la bobine Tesla ;
  • 1897, dépôt des brevets de radio qui seront contestés par Marconi ;
  • 1935, expérimentation du radar.

Mais lorsque ses découvertes l’amenèrent vers la mise au point d’appareils utilisant une énergie non conventionnelle, il fut l’objet de violentes critiques émises par le corps scientifique international qui aboutirent à de nombreux procès entraînant la suspension des subventions.

En 1900, il met au point un appareil permettant la transmission d’énergie sans fil. Il parle de transmission à travers les hautes couches de l’atmosphère, l’ionosphère ; la licence du brevet décrit la capacité conductrice des gaz raréfiés dans la haute atmosphère en la soumettant à des tensions de centaines de milliers ou de millions de volts.

Tesla ne voyait qu’une différence quantitative entre la transmission sans fil de signaux radio et celle d’énergie : pour recevoir de l’énergie, on a besoin d’une antenne et d’une prise de terre, ainsi qu’une bobine simple de Tesla connectée entre les deux.

Il a lui-même mis au point des compteurs d’énergie à haute fréquence susceptibles d’être utilisés à titre individuel, moyennant un coût dérisoire d’installation.

Bien évidemment, les brevets ne furent jamais exploités et pour cause : peut-on imaginer un xxe siècle naissant privé de tout monopole capitaliste ?

En 1901, il met au point le récepteur d’énergie libre.

Il parle de la Terre comme d’un gigantesque réservoir d’électricité négative. Il met alors au point un appareil formé de plaques métalliques et d’antennes situées le plus haut possible et reliées à un condensateur lui-même fixé à la terre. Le condensateur se déchargeant régulièrement, il est aisé de soustraire de l’énergie en continu, contrairement aux panneaux solaires qui ne s’alimentent que le jour.

À 70 ans, Tesla consacre une partie de sa fortune à la mise au point d’une voiture utilisant l’énergie libre. Le véhicule était de marque Pierce Arrow. Le moteur essence avait été remplacé par un moteur électrique d’un mètre de long et 0,65 de diamètre. Il avait gardé la boîte de vitesses et l’embrayage d’origine ainsi que l’arbre de transmission.

C’est lui, par contre, qui avait fabriqué le récepteur d’énergie : il mesurait 60 x 25 x 15 cm et était situé dans un boîtier derrière le tableau de bord. Il disposait de douze tubes à vide, trois du type 70.L.7. Deux grosses tiges sortaient du boîtier de 10 cm. Tesla les enfonçait en disant : « Maintenant nous pouvons démarrer ».

Le moteur tournait à 1 800 tours/minute. Il prétendait qu’avec l’énergie disponible, il était possible d’éclairer une maison entière.

Les essais durèrent une semaine, la voiture atteignait sans problèmes 145 km/h : frais de carburant zéro !

Tesla savait parfaitement que ses conceptions étaient en contradiction avec les normes techniques de son époque et évitait toute discussion avec les ingénieurs et constructeurs : dans les années 30, l’automobile représentait un potentiel économique trop alléchant pour que les constructeurs prennent en considération une telle solution.

Les choses ont-elles changé aujourd’hui ? Absolument pas, au contraire. La preuve : la mise au point de nos moteurs diesel actuels a coûté des millions d’euros et aucun ne répondra aux normes européennes antipollution de 2008…

Le livre de Tesla L’Énergie libre [1] est une source d’informations inépuisable, allant des découvertes dont on a parlé plus haut, aux études sur les ondes stationnaires pouvant être utilisées pour les manipulations climatiques et/ou biologiques.

Il est intéressant de savoir que les dirigeants des grandes compagnies pétrolières connaissent parfaitement les travaux de Tesla sur les énergies non conventionnelles, car elles ont acheté les brevets, mais elles n’en font rien car les enjeux économiques en ce début du XXIe siècle sont encore plus importants.

En ces semaines de hausse sans précédent du prix du baril de pétrole — dont les médias se gargarisent à coup d’analyses pseudo-économiques ou géopolitiques (terme très à la mode en ce moment), une réflexion s’impose et peut-être aussi un regard sur le passé. Sinon jusqu’où irons-nous dans le massacre annoncé de notre sublime planète Terre ?

Aymeric Dumas


[1Les Éditions Félix, www.leseditionsfelix.com





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