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Ordre de baver !

Le jeudi 1er mai 1997.

Un billet d’humeur signé l’Atèle paru dans le Monde libertaire du 20 juin 1996 nous vaut les poursuites du ministère de l’Intérieur. Des policiers y étaient qualifiés de « parents douteux »… Nous allons vous livrer jusqu’au jour du procès des informations, des faits concernant les nombreuses bavures pour lesquelles il n’est pas question d’émettre de doute…



Nul n’ignore les déboires que le juge Halphen rencontre dans son enquête sur le financement occulte du RPR. Il était écrit dans tous les journaux et dit sur toutes les ondes que les RG ont caché des pleines armoires de dossiers sur les affaires politiques, « sur la mairie de Paris, ses fausses factures et ses eaux troubles ». Ce sont les termes mêmes du fameux corbeau qui conseille par courrier le juge embarrassé, ainsi que le rapporte L.M. Horeau dans le Canard enchaîné du 23 octobre 1996. Si l’on en croit encore l’Événement du jeudi du 27 mars 1997, le corbeau, dans sa dernière lettre du 26 décembre 1996, « invite le juge à s’acharner sur Yves Bertrand, directeur central des RG et sur Brigitte Henri » (commissaire spécialisée dans les enquêtes sur les affaires politico-financières). Ces derniers sont en effet « les seuls à en savoir plus que le juge sur les comptes en Suisse du mouvement gaulliste ».

Le plus cocasse est bien quand cette police politique prend le pouvoir qui l’a armé à son propre piège. Le Canard enchaîné du 23 octobre 1996 rapporte que « "Halphen demande [à Yves Bertrand] l’intégralité des notes blanches versées par Brigitte Henri en relation avec Jean-Claude Méry et ses relations avec l’OPAC et la ville de Paris"… Le refus poli est déjà prêt : Yves Bertrand, sur ordre de Debré, devait jurer que tous ces petits papiers ont malheureusement été détruits ». En effet, le ministre de l’Intérieur, qui est le chef suprême de toute cette canaille policière, doit être bien marri d’être quasiment obligé de créer un précédent en laisant un juge pénétrer dans l’antre du pouvoir gouvernemental.

Le politique est-il réellement celui qui détient le pouvoir ou bien les RG sont-ils une machine échappant à tout contrôle et passant au travers de toutes les lois, même l’article 40 du code pénal qui oblige tout fonctionnaire ayant connaissance de faits délictueux à en informer les autorités judiciaires ? Mais les RG font de la rétention d’informations quand bon leur semble. Le monstre politique a bien engendré un monstre policier. Pour une fois qu’on n’est pas atteint par la bave, on peut bien rigoler du crapaud… licier. Quoi, j’ai dit une connerie ?

Allez, à la semaine prochaine pour de nouvelles aventures, en direct des fonctionnaires « baveurs ».

Le fouineur


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