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Chronique des bas-fonds

Ça bave à Paris

Le jeudi 8 mai 1997.

Un billet d’humeur signé l’Atèle paru dans le Monde libertaire du 20 juin 1996 nous vaut les poursuites du ministère de l’Intérieur. Des policiers y étaient qualifiés de « parents douteux »… Nous allons vous livrer jusqu’au jour du procès, des informations, des faits concernant les nombreuses bavures pour lesquelles il n’est pas question d’émettre de doute…



Nous sommes au printemps de 1993. La lecture de l’édition du Monde du 10 avril nous apprend que deux jours plus tôt, Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur rappelait que toute action policière devait « nécessairement s’inscrire dans le respect des droits de l’homme ».

Pourtant, le 14 avril 1993, à Paris, un officier de police va connaître la bavure à ses dépens. En effet, celui-ci va être malmené par une patrouille de Police secours, comme le relate Le Monde du 16 avril 1993. Arrêté pour un contrôle d’identité, le gradé ne comprend pas que ses collègues veuillent l’embarquer. Ils sont au nombre de sept… et passablement éméchés.

Afin de ne point envenimer les choses, l’officier les suit jusqu’au commissariat Saint-Eustache. Là des excuses lui sont faites par d’autres policiers du cru (ils ne sont pas « bourrés »).

Au même moment, alors que deux policiers de la bande « s’habillent » dans le vestiaire de la compagnie (celle-ci est chargée de la surveillance du périphérique), l’un d’eux sort son arme, braque son collègue et lui loge une balle dans le cou, histoire de s’amuser certainement…

Quand le respect des droits de l’homme gagne un flic éméché qui bave dans un commissariat ça peut sauter au cou d’un autre flic sans crier gare…

Six mois plus tard, le 20 octobre 93, vers 12 h 30, à Paris, « une jeune mère de famille regagne son domicile », nous relate Le Monde du 6 novembre 1993. Il poursuit : « Elle est à bicyclette. Elle emprunte, sur une dizaine de mètres, un sens interdit. L’interpellation est inévitable, mais de plus elle va être rude. Ensuite c’est le commissariat. La jeune femme proteste car son enfant l’attend à la crèche. Un gradé lui rétorque qu’elle se trouve placée en garde à vue pour 24 heures. Elle est ensuite conduite pour une fouille en règle [au corps] dans une pièce ou officie une inspectrice… Le feuilleton se poursuit car la jeune femme est conduite menottée à l’Hôtel-Dieu où un calmant lui est prescrit… Retour au commissariat et reprise de la garde à vue… De guerre lasse la jeune femme signera une déposition sans en connaître le contenu… Elle sera remise en liberté aux environs de 17 heures… »

Des abus d’autorité qui ont cours dans les commissariats et qui reflètent la haute idée que se font les « gardiens de la paix » du respect des droits des femmes quand l’une d’elles a affaire à leurs se(r)vices…

Ça bave, on vous dit… À la semaine prochaine…

Le fouineur


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