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Petits boulots, CSG, privatisations…

Jospin l’embrouille !

Le jeudi 18 septembre 1997.

L’histoire est pleine de victoires politiques qui annoncent, en fait, des échecs retentissants pour les travailleurs. Le dernier avatar de cette sorte est certainement l’arrivée au pouvoir de la coalition de gauche en juin 1997.

Dans un pays baignant dans un processus de libéralisation à outrance et, par conséquent, de décomposition sociale avancée, où la bourse, les taux d’intérêts et les loyers explosent depuis dix ans alors que dix millions d’individus vivent avec 4000 F par mois maximum, les classes dominantes et dirigeantes éprouvent quelques difficultés à aller plus loin dans leur politique de rigueur.

Cependant, les idées et artifices ne leur manquent pas pour continuer dans cette voie : le thème de l’Europe « sociale » vient à point, au nom d’un concept pseudo-progressiste de fédération et d’union des peuples....

Toutefois, ce « grand et généreux » projet de l’Europe (des États !) ne pouvait suffire à lui seul pour calmer les colères des exploités. Le fait que les mouvements sociaux aient repris de la voix ces dernières années en est la meilleure preuve !

Même perdant, Chirac, en bon défenseur des intérêts de la bourgeoisie, savait qu’il n’y avait pas de grand risque à une nouvelle cohabitation et que cette dernière ne viendrait pas bouleverser les plans de restructuration en cours.

Tout comme la victoire de Mitterrand en 81 a eu comme conséquence une libéralisation accrue et une augmentation effrénée des profits par l’entremise du chômage ; tout comme Fabius a pu, en 1984, bousiller sidérurgie et charbonnage (sans trop de heurts contrairement à Thatcher), tout comme le gouvernement Rocard avait institutionnalisé la misère en créant le RMI (présenté comme un fabuleux progrès social !), le gouvernement écolo-socialo-communiste va tenter de nous imposer un nouveau palier dans l’austérité.

En effet, qui mieux qu’un ministre communiste, ancien cheminot, pouvait faire « passer » la mise en place du Réseau ferré français, prélude à une privatisation future du Rail en France ?

Qui, mieux qu’une ministre écologiste, pouvait nous dire avec assurance qu’il n’y a pas de danger à la Hague ?

Qui, mieux que Chevènement, pouvait dilapider les libertés républicaines élémentaires et reprendre à son compte le triste héritage de Pasqua et Debré ?

La récente annonce de l’extension de la CSG ne doit pas nous surprendre non plus. Le pouvoir termine ce qu’avait entamé Rocard il y a sept ans et poursuivi Juppé. Avec cette refonte du mode de financement de la branche maladie c’est bel et bien tout l’édifice de la Sécurité sociale qui est menacé dans ses fondements.

Par contre, et là non plus nous n’avons pas le droit d’être « surpris », les exonérations de charges pour les patrons vont continuer de se généraliser et la « réforme » de l’impôt sur la fortune est reportée aux calendes grecques… !

En définitive, ce que certains voyaient (ou voient encore) comme une victoire, n’est pour eux qu’une nouvelle défaite… La seule force que les travailleurs et citoyens ont, c’est la lutte sociale !

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