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Brèves

Le jeudi 14 octobre 2004.

Espagne : crucifix dans les écoles

Alors que le gouvernement précédent de Aznar (Parti populaire) avait instauré la loi dite « Loce » sur l’apprentissage de l’histoire des religions à l’école, un appel en faveur du retrait des symboles religieux a été lancé par certaines associations en Espagne. Ce regroupement dont la CGT espagnole fait partie, explique dans un communiqué que « les symboles religieux persistent surtout dans les zones rurales, et souligne que les crucifix, les cours de religion ou les messes en horaires scolaires sont des points qui, simplement, appartiennent à d’autres moments distincts de l’école ». « Les religions doivent être expliquées comme un simple fait historique, social et culturel, et son cadre didactique ne doit jamais être moralisant ni dogmatique ». Ces associations considèrent que l’expression des sentiments religieux doit être éradiquée des institutions publiques pour être transférée dans la sphère privée.

Il faut dire que l’influence de l’Église sur la société espagnole se réduit, si ce n’était son récent renforcement dans les institutions scolaires via la loi Loce. Une moitié d’Espagnols se déclarent catholiques pratiquants, un tiers catholiques non pratiquants, le reste étant athée (plus de 15 %) ou pratiquant d’autres religions (2 %). Parmi les catholiques, 71 % rejette pourtant l’Église catholique pour ses condamnations de l’avortement, des méthodes contraceptives, du divorce. La crise des vocations touche l’Espagne qui peine ainsi à renouveler son personnel religieux. Pourtant, l’Église catholique continue à affirmer que 90 % des espagnols sont catholiques. Il est vrai que quarante ans de national catholicisme franquiste, cela laisse des traces.

Espagne : à Cordoue, on ne recycle pas dans le papier

Au début du mois d’août, le groupe Smurfit, propriétaire de l’entreprise Europapel, a annoncé aux travailleurs l’intention de fermer la ligne de production de papier de l’entreprise. Les salariés partirent en vacances, pensant que la rentrée serait rude, mais pas qu’ils seraient licenciés au retour de leurs congés. La direction affirme que le papier produit est de mauvaise qualité et ne trouve pas de débouchés. Ce qu’elle ne dit pas c’est que le groupe Smurfit a augmenté ses bénéfices de 50 % en Espagne, ce sont des chiffres d’origine patronale. Il faut savoir aussi que les travailleurs ont fait des heures supplémentaires jusqu’au 31 juillet pour augmenter la production. Les représentants du comité d’entreprise semblent avoir négocié sans discuter, même s’ils semblent s’opposer au projet patronal. Il faut dire qu’en tant que représentants du CE, leurs postes seront sauvegardés ! La spéculation immobilière semble être la vraie motivation de cette opération qui va envoyer d’abord huit personnes au chômage, et à terme, quarante autres dont beaucoup ont plus de 45 ans (source CNT).

Angleterre : Stuart Christie se livre

À 18 ans, Stuart Christie voyage en Espagne, en autostop. C’était en août 1964, et le jeune anarchiste écossais portait une charge d’explosifs sous ses vêtements. L’objectif était de perpétrer un attentat contre Franco, au stade du Bernabéu. Cette opération avait été mise au point par la Défense Intérieure, organisme secret de la CNT, de la FA ibérique et de la FIJL (la Fédération ibérique des jeunesses libertaires. Mais l’opération échoua place des Cortès, à Madrid. Le 11 août, le jeune Stuart est emprisonné et condamné à vingt ans de prison. Au terme d’une intense campagne internationale et après une demande de clémence déposée par sa mère, l’anarchiste voit sa peine commuée par Franco et retourne chez lui, libre. À 58 ans, Christie raconte son appui à la lutte antifranquiste à travers un livre où il conte ses mémoires : le livre, sorti le 6 septembre en Angleterre est publié aux éditions Simon & Schuster et s’intitule Granny made me an anarchist (Ma grand-mère a fait de moi un anarchiste).

Brésil : le colloque international libertaire perturbé

Un colloque international libertaire (« Histoire du mouvement ouvrier révolutionnaire ») se déroulait du 8 au 10 septembre à São Paulo, au Brésil et devait continuer à Rio de Janeiro, du 13 au 15 septembre. Lors de la dernière séance du premier colloque, le 10 septembre, la police locale arrêta un des camarades présents qui tenait un stand de matériel militant anarchiste, dehors, mais à l’entrée. Arme à la main, un policier l’accusa de vente ambulante illégale. Le colloque s’interrompant aussitôt, près d’une centaine de personnes formèrent une chaîne humaine autour du camarade menacé d’être emmené par la police. La tension montant, quatre voitures de police arrivent en renfort. Malgré les efforts, le camarade fut emmené mais relâché deux heures plus tard, grâce au travail des participants au colloque, d’avocats et des militants de la Croix noire anarchiste. Une accusation de résistance à l’autorité devrait valoir un procès au malheureux compagnon qui s’est vu confisqué tout son matériel et qui doit payer la somme de 160 reales (45 euros, une somme énorme au Brésil) pour le récupérer.

Cette intervention policière ne visait pas le colloque mais s’insérait dans une campagne policière contre les camelots de rue. Ces camelots sont des marchands ambulants qui mènent cette activité précaire pour pouvoir survivre. La police municipale de la ville se livre à des saccages sur les stands des camelots, encouragée par la mairie qui est gérée par le Parti des travailleurs. Il faut ajouter que, pour ce travail, la police municipale a été armée, ce qui n’était pas le cas il y a peu encore (source : Mrs Ana).





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