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Nouvelles des fronts

Le jeudi 21 octobre 2004.

La lutte des classes se poursuit de plus belle, l’offensive patronale ne connaît aucun répit, la résistance du travail n’est pas encore à l’ordre du jour. Et pourtant l’empereur Marc-Antoine Seillière ne décolère pas. Il vocifère ! Il a d’ailleurs déclaré à un grand quotidien de l’économie (c’est comme ça qu’on dit) : « L’exaspération monte dans les rangs des PMI sur les trente-cinq heures. » Les travailleurs et les travailleuses devraient cesser d’énerver le boss et ses porte-flingue des PME quand on connaît le sens de la démocratie de ces derniers. Pour plus de détails : téléphonez à Pinochet, il vous expliquera comment on mobilise les petits entrepreneurs pour la juste lutte du grand capital.

Le chantage continue chez Perrier, risque d’embolie gazeuse pour des dizaines de travailleurs. Ailleurs, le patronat des transports publics tente d’imposer aux agents de la SNCF le service minimum afin, d’une part, de conduire en toute tranquillité le prolo au boulot et de le ramener au dodo et, d’autre part, afin de pouvoir engager les grandes manœuvres de la privatisation ; le tout pour l’instant avec l’apparente bénédiction de la très puissante CGT cheminots. Malgré tout, rien n’est joué, un syndicat collabo et un règlement n’ont jamais empêché une mobilisation et une bonne grève sauvage !

Distribution, les carottes (Vichy) sont cuites pour 293 salariés de chez Tati, fini de jouer, les petits carreaux sont cassés, et pourtant les sécuritaires nous avaient promis zéro vitre brisée. Des promesses, toujours des promesses et des gogos pour y croire…

Et pendant ce temps-là, les bonnes nouvelles s’accumulent, la prospérité des riches s’améliore, le chômage a augmenté de 2 % sur l’année, et on a compté 10 % de RMIstes de plus au troisième trimestre 2004 ; ce sont particulièrement les moins de trente ans qui trinquent… Sans doute trop jeunes pour s’insérer et déjà trop vieux pour travailler. Le monde néo-moderne et post-philosophique est vraiment le meilleur des mondes possibles.

Après les patrons voyous, les patrons loubards. Ça s’est passé dans un dépôt de la société Van der Linden dans le Nord. Un chef zélé et à gros bras de cette société spécialisée dans le chargement de camions, accompagnés de « chauffeurs » armés de battes de base-ball, a fait procéder à une récupération brutale de matériel.

L’action directe a changé d’acteurs et vingt travailleurs n’ont plus d’outil de travail. Comme quoi, y’en a qui apprennent vite, d’autres sont encore trop timides mais il faut garder l’espoir. La société des très connues machines à imprimer Heidelberg va engager un plan « social ». Résultat du tirage après impression : 129 suppressions de poste dont 71 licenciements secs. On est social ou on ne l’est pas. Nom de Dieu !

Entre deux côtes, le transporteur PO s’apprête à supprimer 1 200 emplois dont 140 en France. Ce sont les camarades britanniques qui cette fois paient les PO cassés. Chantage, toujours, le groupe Volkswagen, encore lui, menace de supprimer la bagatelle de 30 000 emplois, soit 17 % de l’effectif total du marchand de bagnoles, faute d’un accord sur un plan d’économie et de la trahison rapide et sans condition du puissant syndicat de l’automobile affilié à la toute impuissante DGB. On est social-démocrate ou on ne l’est pas. Nom d’un chien (c’est plus correct dans le Monde libertaire) !

Allitalia, ça y est, les 3 700 suppressions sont entérinées, vol au-dessus d’un nid de… Le tout pour économiser, d’ici à 2006, 280 millions d’euros. Au profit de qui ? Rien n’est dit sur les heureux destinataires, sans doute quelques bienfaiteurs de l’humanité

Enfin, et pour conclure, rien ne va plus, les jeux ne sont pas toujours faits. Noirs, rouges, impairs et gagne (au moins symboliquement) : 42 ex-intérimaires de STM- Electronics de Rennes ont vu leur contrat requalifié en CDI par les prud’hommes. Dommage, l’usine est à Singapour. Moralité, ils ne seront pas réintégrés et ne bénéficieront pas du plan « social ». L’important c’est de lutter, ne pas capituler même quand les usines se tirent. La prochaine lutte sera la bonne, celle-ci n’était qu’un exercice de gymnastique révolutionnaire.

Hugues, groupe Pierre-Besnard


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