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éditorial du n° 1423

Le jeudi 26 janvier 2006.

En janvier, c’est les soldes. Ainsi, le chef d’entreprise averti trouvera sur le marché du travail de jeunes travailleurs à prix bradés, des chômeurs longue durée à des tarifs défiant toute concurrence, en attendant le prochain produit phare, le « senior » détaxé. Les affaires battent leur plein, les patrons se frottent les pognes sans oublier de demander qu’on accélère encore la disparition, programmée, du Code du travail. Mais, pour l’essentiel, ils se montrent plutôt satisfaits. On le serait à moins. Après le cadeau de Noël que représentait déjà le Contrat nouvelle embauche (CNE), ils ne s’imaginaient pas toucher, pour les étrennes, ce Contrat première embauche (CPE), visant les jeunes travailleurs. Ces derniers seront donc virables à merci durant les deux premières années, période durant laquelle ces emplois seront exonérés de toute charge patronale. Pas mal, pour un début d’année… Car il ne faut pas s’y tromper : si de Villepin n’a pas le courage de s’attaquer de front au modèle social, s’il a fait le choie de saucissonner sa réforme, il n’empêche que le rythme va s’accélérant, et que nous sommes loin d’avoir vu le pire. Sous prétexte de lutte contre le chômage, on combat les chômeurs. La hausse constante du nombre de érémistes est le fruit de cette offensive. De même, au motif que le travail serait en France « trop cher », on sacrifie le CDI, on banalise la précarité. Qui croit encore que le patron qu’on exonère de charges se précipite sur son téléphone pour supplier l’ANPE de lui fournir de nouveaux salariés ? Pour lui, il ne s’agit que d’un bénéfice comme un autre.

Quelles seront les prochaines étapes de ce tra vail de sape ? Déjà, un projet visant cette fois les anciens est sur la table de Villepin. Il va falloir aussi se montrer vigilant, à propos du retour sur la scène européenne de la directive Bolkensten. Vigilant ? À l’étrange torpeur qui semble avoir saisi les salariés de ce pays correspond une non moins curieuse apathie syndicale. Certes, on se bat encore, ici ou là. Cependant, sur un plan général, c’est la résignation qui paraît l’emporter. Pourtant, il est aisé de comprendre que si les grandes centrales syndicales n’avaient pas rejeté, d’emblée, l’option de la grève générale, nous n’en serions peut-être pas rendu à ce point de déréliction. Et voilà que les mêmes nous promettent une gentille manif-promenade, pour début février… Il y a fort à parier que cette petite balade ne ralentira pas la grande braderie sur l’emploi.


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