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Québec

Police

un plan qui déborde…
Le jeudi 4 décembre 1997.

Une chose est claire, si cette vague de médiatisation est quelque peu inhabituelle, la brutalité et le harcèlement au quotidien ne le sont pas. D’ailleurs, la police ne s’en cache pas : la violence fait partie des habitudes de la police de Québec, selon ce que semble dire le chef Renaud.

C’est une composante « régulière », voire nécessaire de leur stratégie. Cette violence sert à renforcer leur rôle dominant comme dernier rempart de la civilisation. La police croit qu’elle est, comme le disent les cops américains, la « mince ligne bleue » entre la barbarie et la civilisation : en fait, c’est plutôt les barbelés dans le fond de la tranché entre les riches et les pauvres.

Depuis l’émeute de 1996, la police se fonde sur un « plan » basé sur le fameux « rapport sur les émeutes de 96 », et maintenant sur un obscur « rapport sur le contrôle des foules ». Le premier est un des pires ramassis de merde jamais produits au Québec, recommandant à peu près l’expulsion et l’incarcération de tout ce qui ne plie pas.

Le deuxième rapport prévoit une recrudescence des manifestations, à cause du « piètre contexte socio-économique ». Le « plan » vise les organisations populaires en général, et les derniers actes brutaux ne sont que des éclaboussures.

Les 42 étudiants de la Banque nationale furent parmi les premières victimes de cette vague de terrorisme d’État exemplaire. On les a embarqué comme des vidanges et on a menacé de les inculper de « voie de fait » afin de les tasser de la circulation.

Les accusations n’ont évidemment jamais été réellement portées, parce que ridicules. Par la suite, on donna une sentence exemplaire (?) (deux tiers de six mois) aux émeutiers, ce qui est le quadruple du temps purgé habituellement. Et pour les dernières victimes, les flics font tout pour les inculper de n’importe quoi !

Considérant le nombre de gaffes que la police a pu faire récemment, soit les flics sont extrêmement stupides, soit paranos, soit ils testent leurs nouveaux dispositifs de sécurité, ou alors ils agissent un peu comme un agent provocateur vicieux qui instaure la violence afin de justifier son existence.

Les autorités s’auto-disculpent !

Si une chose est facile lorsqu’on est en haut, c’est bien de rejetter la faute sur quelques flics et d’ainsi isoler les cas de brutalité dans le climat de violence ambiant. Bien entendu, les ministères de l’injustice et de l’insécurité publique doivent à tout prix esquiver la responsabilité de tels actes. Par contre, le municipal pédale pas mal : Le maire L’Allier refuse l’enquête publique parce qu’il coit que : « rien dans nos dossiers ne nous permet de croire à l’heure actuelle qu’il y a un problème général, un système érigé d’abus de force physique. Nous préférons que les cas soient réglés un par un, rapidement ». Bertrand lui a répondu qu’il sait bien que c’est ridicule, car il est pratiquement impossible de faire condamner un policier, sans compter le temps que ça prend !

Les deux stratégies pour éviter une enquête publique sont de banaliser la répression brutale, et d’en faire des cas isolés. Qu’est-ce qu’un système répressif sinon un système érigé sur l’abus de force physique ? Et L’Allier préfère isoler les victimes, ça va certainement faciliter sa propre tâche. La meilleure façon de faire est d’utiliser la voie bureaucratique et étatique habituelle, la déontologie, tuant ainsi dans l’œuf le débat public.

Brack
extrait du journal « Démanarchie »





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