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Big Brother veille sur vous…

Bonne nuit les petits !

Le vendredi 8 août 1997.

Le 7 juillet dernier, Gérard Hamel, député-maire RPR de Dreux, met en vigueur un arrêté municipal stipulant que « Tout enfant âgé de moins de douze ans circulant, à pied ou sur tout engin, à moteur on non, de 0 heure à 6 heures, non accompagné d’une personne majeure ou ayant autorité sur le mineur, sera recueilli par la force publique. »

Cet arrêté s’attire les sympathies d’un certain nombre d’autres municipalités qui prétendent vouloir lutter contre la délinquance et l’insécurité dans les quartiers.

Un an après l’interdiction de la mendicité, ce sont une fois de plus les classes populaires, et notamment d’origine immigrée, qui sont visées par cet arrêté, dont l’analyse des responsabilités n’est pas neutre quant à la violence ou la dégradation des conditions de vie dans notre beau pays des Droits de l’Homme.

Décidément, la chaleur estivale stimule l’imagination de ces fans de la répression. Et ce qui est plus inquiétant encore, c’est d’entendre les réactions en chaîne du PS qui pense que le manque de moyens de la police rendra l’opération sans effet, ou de la population locale qui s’inquiète effectivement pour sa sécurité et sa tranquillité.

On entend une jeune mère qui « trouve anormal que des jeunes enfants soient seuls dans les rues toute la nuit. » Que dit-elle des enfants qui vivent dans des immeubles insalubres, exposés dans des proportions effroyables au saturnisme et à bien d’autres maladies liées à la malnutrition et aux conditions de vie générales ?

Toute la responsabilité de la délinquance est attribuée aux parents qui n’assumeraient pas leurs fonctions ; Dans le même temps, les esprits réactionnaires n’hésitent pas à scander qu’il n’y a pas assez de policiers. S’il y a de l’argent à dépenser, c’est pour qu’il y ait toujours plus de flics pour surveiller ceux qui « n’ont pas le même mode de vie, les mêmes coutumes » (dixit Stirbois). Mais on tait soigneusement les conséquences de la misère dans des pans entiers de la société, misère engraissée quotidiennement par des milliers de licenciements ou par la précarité croissante de l’emploi.

On dénonce les conditions d’insécurité dans les cités, les agressions verbales et physiques mais on légitime les violences policières, le flicage, la surveillance et le contrôle sur les jeunes et les immigrés, car c’est bien d’eux dont il s’agit ! On omet soigneusement aussi de citer les budgets du ministère de l’Intérieur.

Gérard Hamel peut bien jouer la carte du front républicain pour se faire élire, il a clairement choisi son camp sur le terrain de la politique anti-immigration et sociale en général. Il s’agit de renforcer toujours plus une répression ciblée et dans le même temps d’attiser des sentiments de peur dans toutes les couches de la population. En nommant et en criminalisant des boucs émissaires, on évite ainsi de parler des vrais problèmes, c’est-à-dire ceux créés par le capitalisme et sa logique de profit et d’exploitation.

À quand l’interdiction de la misère ?

Anicée
groupe Durruti (Lyon)


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