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SNCF

Les Porteurs en résistance

Le vendredi 8 août 1997.

Une vingtaine de porteurs de la gare de Lyon sont entrés en résistance depuis le premier juin pour pouvoir être intégrés à une structure SNCF. À partir de cette date, ils devaient être repris par la société, sous-filiale, Voyageurs Service Plus (VSP), dirigée par des cadres supérieurs de la SNCF.

Or certains porteurs font ce travail depuis plus de quinze ans à titre de travailleurs « indépendants » quand cela arrangeait l’entreprise tout en respectant certaines règles sociales comme les contraintes horaires et pointer une feuille de présence.

Pour ce qui est des salaires, en fait, ils ne touchaient pas de salaires à proprement parler. Ils étaient rémunérés en liquide tous les quinze jours en fonction de leur bon de paiement récapitulatif des accompagnements effectués. La SNCF ne payait donc pas de charges patronales et les « salariés » ne pouvaient percevoir aucun remboursement de la sécu.

Ce qui a poussé les dirigeants de la SNCF à créer VSP, c’est que deux porteurs de la gare Montparnasse l’ont attaquée aux prud’hommes et ont touché un bon pactole. D’ailleurs, un porteur a été intégré à la SNCF.

Avec cette société, elle a structuré le métier d’un point de vue juridique mais les conditions de reprises ne sont pas tristes. Le salaire de base se situe a moins de 5 200 FF, l’amplitude de travail atteint dix heures et l’embauche est conditionnée par un mois d’essai. Pour les usagers, le prix du bagage passe de 10 FF à 30 FF minimum. La cerise sur le gâteau, c’est que ces conditions ne tiennent pas compte de la convention collective ferroviaire. Celles-ci ont malheureusement été acceptées par les porteurs de Montparnasse lors de leur reprise en début d’année.

Dans cette lutte, seuls les syndicats SUD et FO (encore que les militants les plus actifs de cette organisation ont été virés pour avoir défendu publiquement la reconnaissance nationale de SUD et de la CNT) sont présents aux côtés des travailleurs de la gare de Lyon.

Aux dernières nouvelles, dans les négociations, VSP accepte de ramener le travail à neuf heures d’amplitude et de supprimer le temps d’essai. De plus, l’inspecteur du travail devait rencontrer le directeur d’exploitation de la gare de Lyon mais il traine des pieds. Néanmoins, il sera toujours possible aux salariés de continuer la lutte à l’intérieur de l’entreprise tout en n’oubliant pas que si l’élargissement du mouvement ne se produit pas il sera toujours bien difficile de faire reculer le patronat.

Pascal Jourdain





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