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Chanson

Voyage où tu le veux…

Le jeudi 22 janvier 1998.

Depuis que nous découvrîmes, en cet inoubliable mois de septembre 1981 qui vît naître Radio libertaire, cette pochette en noir et blanc d’un 45 tours où figuraient les deux premières belles chansons enregistrées par Louis Capart, ce dernier n’a cessé de confirmer, dans chacun de ses albums, ses merveilleux talents de mélodiste, de parolier et de chaleureux interprète.

Qui n’a jamais jusque-là du côté de L’île de Sein ou de Berlin, vécu à l’ombre des cheminées de banlieue, tenté de se souvenir du vert paradis des amours enfantines, ou ri comme il se doit de la bêtise des petits sergents, celui-là sera bien inspiré de se plonger illico dans l’œuvre de l’ami Louis, qui le rendra à son charme, ému, pacifiquement conquis.

Pour l’heure, l’auteur-compositeur-chanteur a choisi de délaisser sa production propre, exception faite de son admirable Marie-Jeanne-Gabrielle et d’une courte et lumineuse partie instrumentale inspirée de sa chanson Il faudra que je me souvien (les deux titres du fameux 45 tours évoqué ci-dessus), jouée au piano par Nicole van De Kerchove, pour se faire l’interprète de ceux qu’il aime, avec le désir généreux de nous faire partager ses goûts
 [1].

De la Bretagne où il « dort ce soir » grâce au beau poème de Gilles Servat, et où l’on s’attarde volontiers en compagnie de Claude Besson, de Jean-Michel Caradec, de François Budet, Tri Yann et d’un Glenmor à la Rose enchanteresse, jusqu’à la plume tombée trop tôt « de la main gauche » de Danièle Messia, en passant par l’émouvant cri d’alarme et d’amour de Michèle Bernard, vous serez ravi, comblé par cette promenade aussi agréable qu’inattendue offerte par Louis Capart. D’autant que celui-ci a prévu quelques étapes chez quelques grands, comme on dit : Brassens avec Saturne, Ferré par deux fois, et surtout Felix Leclerc dont l’ami Louis s’approprie la chanson Ailleurs pour en faire un véritable chef d’œuvre d’interprétation, d’une gravité sublime, de sa voix qui donne ici à ce texte magnifique toute sa pleine et extraordinaire dimension.

Ce nouveau disque de Louis Capart, ce voyage en terres amies auquel il nous convie est plus qu’un régal. C’est un bonheur permanent, fait de « vraies » chansons, au sens où, à n’en pas douter, chacune d’elles saura dans le silence troubler notre indifférence.

Floréal


[1« Rives gauches de Bretagne et d’ailleurs ». Louis Capart. 120 FF. En vente à la librairie du Monde libertaire.


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