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L’Avortement et la contraception restent un droit et un choix

Le jeudi 5 octobre 2006.

Samedi 14 octobre


Paris 18e

Manifestation contre la marche pour la vie et pour le droit des personnes à disposer de leurs corps et de leur sexualité, 19 heures précise (ponctualité exigé), en haut du funiculaire de la butte Montmartre à l’appel de la Fédération anarchiste, la CNT, le SCALP, Ras l’Front.



Pour la seizième année consécutive, les intégristes proches de Monseigneur Lefebvre organisent sous le prêtenom de Renaissance catholique la « Marche pour la vie », rejoints, comme chaque année, par le fleuron de ce que la France compte comme alliés de l’extrême droite française, du Fhaine, aux jeunes militants du Bloc identitaire, en passant, bien sûr, par les monarchistes. Pendant cette montée aux flambeaux vers le Sacré Coeur (construit comme symbole de la revanche des Versaillais, curés et réactionnaires contre les Communards de Paris, pour « expier leurs crimes »), au son des slogans et prières perpétrées par leur filière SOS Tout-Petits, l’antre de Xavier Dorr. Ce dernier continue encore aujourd’hui, malgré ses multiples condamnations pour ses actions commandos dans les hôpitaux et les cliniques et les pressions exercées sur le personnel médical et les femmes, à exhorter avec ses collègues, parfois à genoux, les foules naïves à la prière et à l’action contre les centres du planning familial.

Pas plus joyeux du côté de l’église « officielle ». Faut-il rappeler les propos tenus par l’ancien pape J.-P. II dans « Mémoire et identité », paru en février 2005, où il compare l’avortement à la solution finale, minimisant un crime contre l’humanité et niant les droits des femmes à disposer de leur corps.

Il semble que les derniers propos également tenus par le nouveau pape araignée aient redonné quelque vigueur aux adorateurs des foetus, qu’ils considèrent comme des êtres humains à part entière, vieux fantasme des religieux et en brandissent les images dans nos espaces publics. Depuis l’anniversaire du trentenaire de la loi Veil légalisant et l’avortement, on a vu dans notre pays une recrudescence des activistes anti-IVG qui se sont rassemblés, avec leurs amis fachos, place de la République en janvier dernier, pour la même mascarade et sous les mêmes slogans.

Un peu partout en Europe (Pologne, Portugal, Irlande, Conseil de l’UE) on assiste à une remise en question des droits des femmes pour entraver leur liberté de choisir la contraception et leurs choix de vie. En France, les centres publics qui pratiquent encore l’avortement ferment les uns après les autres, soit faute de financement, soit parce que les praticiens ont de plus en plus de mal pour pratiquer leurs interventions dans des conditions optimales, ou encore quand les dernières cliniques qui les pratiquent ne sont pas la proie des intégristes liberticides, qui s’enchaînent, comme aux États-Unis pour empêcher les médecins de pratiquer. Nous ne les laisserons pas installer leur vieil ordre moral dans les espaces publics, voir dans les endroits fréquentés par les jeunes, qu’ils essayent de convertir par des discours réactionnaires, anti-scientifiques et de désinformation.

Les vrais chiffres et données concernant l’avortement et la contraception en France

Selon la DREES [1] et les derniers chiffres publiés sur le sujet, 210 700 femmes ont avorté en France en 2004, dont 11 500 mineures, contre 203 000 en 2003. On constate donc un recul de l’avortement, certainement dû au recul du recours aux méthodes contraceptives. En 2004, 75 % des femmes concernées avaient entre 18 et 35 ans. Qui plus est, l’augmentation est plusmarquée chez les mineures, pour lesquelles le nombre d’avortements a augmenté de 32 % entre 1990 et 2006. Ces chiffres n’incluent, ni les Interruption médicales de grossesse, ni la « contraception d’urgence ».

Pour leur part, les recours à la contraception d’urgence se multiplient également : selon le baromètre santé de 2005, 13,7 % des femmes affirment avoir déjà eu recours à la « pilule du lendemain ». Parmi, les 15-19 ans, 68 % utilisent une pilule hormonale, 10 000 ont été pratiqués dans l’année 2005 en France, sur 200 000 interventions. En 2001, les avortements médicamenteux représentaient plus de 30 % du total, contre 14 % en 1990. Légalisée en 2001, cette méthode est remboursée à 70 % par la Sécurité sociale. La circulaire 2004, destinée à encadrer les avortements en ville prévoit 5 consultations. Lors du troisième rendez-vous, la femme prend un comprimé qui bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Puis, lors de la quatrième consultation, la femme avale un cachet qui provoque l’expulsion de l’œuf. Pour exemple, le planning familial de Saint-Denis accueille une fois par semaine les femmes qui veulent avorter chez elles. La phase la plus sensible est celle de la prise du comprimé, durant laquelle la plupart des femmes craquent et le personnel tente de les rassurer en leur rappelant qu’un avortement est toujours une prise de décision lourde, mais n’a jamais empêché une femme d’avoir plus tard un bébé, à condition de ne pas avoir d’avortements trop répétés.

Afin de faire face aux mensonges proférés par les ultra-catholiques et autres militants pro-vie, un contre rassemblement est organisé le samedi 14 octobre à 19 heures en haut du funiculaire de Montmartre. On ose espérer que, cette année, que la police nationale, ou police du capital, n’empêchera pas les militantes et militants en faveur du droit à la contraception et de l’avortement d’exprimer leur solidarité à toutes les femmes qui luttent pour le libre choix de leur corps et à s’opposer à ce défilé moyenâgeux de l’ordre moral.

En effet, il semble que la préfecture et la Mairie de Paris aient plutôt pris, ces derniers temps, le parti de laisser les anti-IVG faire leurs prières sur nos trottoirs et les fascistes agresser physiquement les militants pro-IVG.

Dernièrement encore, les manifestants qui se sont imposés lors de l’inauguration du Parvis de Notre-Dame qui doit prendre le nom de l’ancien pape assassin J.-P. II, alors qu’il était un des pires complices du sida et de la stigmatisation des lesbiennes, gays bis et trans par son homophobie, ses positions rétrogrades sur les femmes et sa condamnation sans appel du préservatif. Ah ! si Marie avait connue l’avortement, nous n’aurions pas tous ces emmerdements !

Patrick Schindler, Groupe-claaaaaash@federation-anarch...


[1Organisme de statistiques du ministère de la Cohésion sociale.





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