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Rennes

Nous ne nous résignons pas

Le jeudi 12 février 1998.

Le Mouvement des chômeurs et précaires en lutte a eu deux semaines pour franchir un palier. Non seulement les modes de fonctionnement autogestionnaires (mandatements, rotation des délégués, prises de décision collectives) font notre quotidien, mais encore la détermination des copains s’est affirmée. Après un flottement dû à la CGT qui en quittant le navire aurait aimé le voir sombrer (dénonciation de manipulateurs, de « casseurs » voulant décrédibiliser le mouvement), des actions bien menées collectivement (occupation de la mairie, du Conseil général, d’EDF-GDF, de la gare SNCF) et selon les modalités définies en AG ont renforcé notre détermination.

Le mouvement a la volonté de rester autonome et de ne pas se lier à quelque organisation que ce soit. Cela permet au mouvement, au moment où les associations nationales de chômeurs suspendent les actions jusqu’au 7 mars pour cause de campagne électorale, de pouvoir continuer les luttes et même de les accentuer. Le mouvement à Rennes s’installe ainsi dans la durée.

Depuis un mois, le conflit a bien changé. Le mouvement ne peut plus viser simplement le coup d’éclat médiatique puisque la presse et la télévision soit nous ignorent (quand elles le peuvent), soit pratiquent la désinformation. Amalgames, insinuations, mensonges, refus de faire paraître des rectificatifs, toute la gamme des crapuleries journalistiques est employée pour décrédibiliser le mouvement. Au sein des AG, les libertaires ont toujours exprimé leur défiance par rapport aux médias et refusé d’en rester à une pratique médiatique de la lutte. Si notre point de vue était loin de faire l’unanimité quand la presse nous poursuivait de ses assiduités, aujourd’hui comme les faits sont têtus, l’opinion générale a changé et des actions se préparent.

Par ailleurs, le mouvement a entamé un bras de fer avec la mairie pour obtenir un local suffisamment grand et central pour que nous puissions continuer les AG quotidiennes et nous structurer sur un plus long terme. Vendredi 6 février, nous avons donc de nouveau occupé la mairie. La négociation a abouti à une impasse, la mairie nous proposant comme local une ancienne salle de classe très excentrée. Elle nous cédait volontiers de nombreux avantages matériels, car elle sentait bien que ce local rendrait difficile le déplacement des chômeurs qui comptent beaucoup sur les transports en commun. Après plusieurs heures de « dialogue », la mairie n’avait toujours aucun autre local à nous proposer et préférait appeler la police pour déloger les manifestants qui s’apprêttaient à s’installer pour la nuit au service de l’état civil. C’est aux cris de « P comme police et S comme salaud, à bas le Parti socialiste » que nous nous sommes rendus place de la mairie en promettant aux flics, qui depuis l’occupation de la gare nous suivent à la trace, de revenir bientôt. La lutte continue, mardi 10 février, un grand spectacle de soutien doit avoir lieu au T.N.B. (Théâtre national de Bretagne) ; le samedi 21 février aura lieu une manifestation régionale. Nous ne sommes pas prêts de céder : Qui sème la misère récolte la colère !

Des libertaires du « Mouvement des chômeurs et précaires en lutte »


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