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Tenter de criminaliser le mouvement n’arrêtera pas les chômeurs et les précaires

Le jeudi 26 février 1998.

Depuis décembre 1997, le mouvement des chômeurs et précaires a, par des actions symboliques, dénoncé les institutions qui gèrent et organisent la misère qui frappe près de 10 millions de personnes dans ce pays : occupation d’ASSEDIC, d’ANPE, de Centres d’action sociale, interventions au Conseil économique et social, à la Bourse du Commerce, à EDF, etc.

Ce mouvement rencontre un vaste écho dans la population — qui vit le chômage et la hantise du chômage — et met à mal l’image sociale de ce gouvernement qui, élu pour lutter contre le chômage, a fait la sourde oreille aux revendications des chômeurs et des précaires, privilégiant le « réalisme » économique. Ce mouvement a fait reculer le sentiment de fatalité et d’exclusion qui maintenait les chômeurs dans l’isolement et l’illusion d’un proche retour au plein emploi pour tous. Il a réussi à faire surgir au grand jour des exigences qui visent à l’amélioration immédiate de leurs conditions de vie : augmentation de 1500 FF des minima sociaux, extension du droit au revenu pour les moins de 25 ans, arrêt des expulsions, des coupures d’électricité, droit à la santé, à la formation, gratuité des transports en commun, etc.

Ce qui fait l’originalité de ce mouvement, c’est son inventivité et son dynamisme illustré par des actions non-violentes. Parmi ceux qui profitent de la misère, l’entreprise Cash converters, mont de piété moderne, prospère sur le manque d’argent qui frappe des millions de personnes. Une action non-violente et symbolique consistant à mettre sur le trottoir les objets achetés aux pauvres à bas prix était prévue le 11 février pour dénoncer ces nouveaux usuriers.

Mais, à peine arrivés sur les lieux, les manifestants ont été pris à partie par la police et violemment dispersés. 40 personnes ont été raflées. Depuis, quatre d’entre elles sont en détention préventive à Fleury-Mérogis jusqu’à leur procès. EIles sont accusées par la police de « complicité, vol, violence à agent, dégradation de matériel », alors qu’il n’y a rien dans les dossiers individuels.

Le gouvernement, qui reste sourd au mouvement des chômeurs et espère l’arrêter en mettant en prison quatre manifestants, se trompe. Il s’agit à l’évidence d’une décision politique : ni l’arbitraire des arrestations ni les chefs d’accusation ne justifient cette mise en détention.

Libération immédiate des chômeurs et précaires incarcérés !

Jeudi 26 février, ils seront jugés à la 23e chambre correctionnelle du Palais de justice de Paris.

Premiers signataires : AC !, Act-Up, CNT-Île-de-France, DAL, MNCP, Reflex, SUD-Education, Fédération anarchiste.


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