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Perpignan

« La Lutte continue… »

Le jeudi 2 avril 1998.

Depuis la parution, le 12 février 1998 [1], de l’interview de Jean-Pierre, Francine, Nectar et Patrick, quatre personnes du « Collectif chômeurs et précaires en lutte de Perpignan » la lutte s’est poursuivie avec des hauts et des bas.

Le collectif a mis en place des procédures de fonctionnement lui permettant de maintenir le cap de l’autonomie, de la démocratie directe, de l’expression la plus large. Ainsi, les réunions sont quotidiennes au 52 rue Foch et les assemblées générales réunissent les membres du collectif les mardis et vendredis de 17 à 19 heures. Les actions sont décidées en commun. Les tracts et affiches sont réalisés collectivement, etc.

Pour la journée nationale du 7 mars, le collectif a décidé de ne manifester ni à Marseille (avec la CGT et AC !), ni à Toulouse, mais a appelé à manifester à Perpignan. Les raisons de bouger y sont nombreuses : près de 31 000 chômeurs et précaires dans les Pyrénées-Orientales, dont 15 000 RMIstes… Une centaine de chômeurs ont donc manifesté le 7 mars derrière la banderole « Qui sème la misère, récolte la colère ». Après la manifestation, c’est près d’une cinquantaine de personnes qui se sont rassemblées au « 52 ». Là nous avons décidé d’une action contre l’EDF pour le mardi 10 en matinée.

Une vingtaine de personnes du collectif ont occupé deux heures durant les locaux de l’EDF en distribuant un tract aux usagers et en faisant état des 7 000 coupures réalisées au cours de l’année 97. Les médias ont fait un réel écho à cette action comme du reste il l’avaient fait pour la manifestation du 7 mars.

Lors de la campagne des régionales des membres du collectif se sont déplacés à un meeting du député socialiste Codognès. Étant intervenus après les orateurs afin d’exposer les problèmes des chômeurs et des précaires, ils se sont entendu traités de « provocateurs du FN ». La riposte du collectif a été une lettre ouverte adressée au député dans laquelle il lui demande des excuses publiques. Le texte de la lettre a été placardé sur les murs de ville. À ce jour pas de réponse, mais L’Indépendant en a publié une partie…

Le vendredi 20 mars, une classe de préparation au CAP-BEP s’est déplacée au local et y a rencontré une partie des gens du collectif. Un dossier sera élaboré par les élèves et ils viendront le remettre au collectif. Des contacts ont été noués à cette occasion.

Pour le 23 mars, le collectif n’a pas réalisé d’action particulière. Quelques membres s’étaient déplacés le matin sur une antenne ASSEDIC AC !, qui appelait au niveau national, n’a pas mobilisé plus de 25 personnes à Perpignan (tout le monde compris)…

Le collectif s’est tout dernièrement positionné contre toute coordination avec AC ! ou bien le comité CGT. Ceci n’exclut pas, bien évidemment, des actions qui pourraient être décidées et menées en commun.

Pour la semaine qui vient, les journées vont être bien remplies. En effet, pour le mardi 31, le collectif envisage une action spectaculaire contre l’EDF : empêcher les coupures en privant les agents EDF de sortie… La solidarité des agents « coupeurs » avec la lutte des chômeurs sera testée à cette occasion. Les syndicats CGT, FO et CFDT d’EDF contactés par le collectif ont laissé entendre qu’ils pouvaient se solidariser de la revendication : Pas de coupure… Pas de privation d’énergie pour les personnes en état de précarité.

Une « délégation » de trois personnes se rendra ce même mardi à Strasbourg pour participer à la réunion nationale des collectifs autonomes et indépendants.

Pour l’avenir, le collectif a décidé de revendiquer un lieu pour se réunir (l’échéance pour la salle actuelle se situe à la fin avril).

Les contacts ont été pris avec beaucoup de collectifs sur tout le territoire et y compris avec « Chômeurs pas chien » de Belgique. La lutte des chômeurs, à Perpignan comme ailleurs, ne peut aller qu’en s’amplifiant, tant les mesures proposées par les gouvernants sont dérisoires, inhumaines et iniques. La lutte sociale va se développer et apparemment ce ne sont pas les « pitreries » des politiciens qui pourront la ralentir.

Edward


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