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éditorial du n° 1121

Le jeudi 30 avril 1998.

En février dernier, l’implication de huit policiers au sein d’un réseau spécialisé dans les braquages était rendue publique. Parmi eux, on a pu remarquer la présence d’un certain Frédéric Jamet, lieutenant affecté à l’un des services prestigieux de la Grande maison, l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants, et dirigeant émérite du défunt Front national-police. En 1996, ce « syndicaliste » s’adressait ainsi aux policiers. « Nous voulons être respectés par les braves gens et craints par les malfrats ». Seuls des individus d’une parfaite mauvaise foi pourraient souligner une certaine contradiction entre ces actes et ces propos. Pour ce respectable policier, la délinquance ne peut être qu’immigrée. Aujourd’hui, il peut toujours invoquer cette citation de Le Pen, son chef vénéré. « Je n’ai pas à demander pardon parce que je n’ai pas d’ancêtres venus d’ailleurs ».

Fonctionnaires peut-être un peu trop zélés, quatre CRS ont été mis en examen le 17 avril pour « violences volontaires ». Lors d’un banal contrôle d’identité, dans le quartier « sensible » de Cronenbourg, deux jeunes gens les accusent de les avoir frappés. Nos quatre CRS se défendent, ils affirment avoir été « outragés ». Notons que, de leur point de vue, invoquer cette supposée provocation parait légitimer un petit tabassage en règle. Le syndicat Alliance, droite modérée, leur a apporté son soutien, affirmant que ces policiers n’ont fait qu’accomplir leur devoir « alors qu’il leur est demandé de s’impliquer davantage dans la lutte contre les violences urbaines ». Rappelons qu’après la nuit de la Saint-Sylvestre où plusieurs dizaines de voitures avaient été incendiées, le procureur de Strasbourg avait contesté « l’efficacité du dispositif de maintien de l’ordre ». Relayés par un gouvernement qui affirme haut et fort être totalement « décomplexé » dans le domaine sécuritaire, ces propos semblent avoir été entendus. Dans la capitale européenne, l’ordre républicain doit régner.

Décidément, « police partout, justice nulle part » n’est pas qu’un slogan.





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