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Cinéma

« Jeanne et le garçon formidable »

film d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau, musique de Philippe Miller
Le jeudi 14 mai 1998.

Peut-on chanter le sida, l’amour au temps du sida ? Jeanne et le garçon formidable le peut. En compétition au Festival de Berlin, cette création réalisée exclusivement par de très jeunes gens a surpris et étonné. Certes, il y a les comédies musicales de Jacques Demy qui nous ont habituées à parler le plus naturellement du monde de grêves, de luttes et même de la guerre d’Algérie. Les comédies musicales de Jacques Demy ne sont pas toujours des films sur des sujets légers.

Malgré et à cause de ces merveilleux films de Jacques Demy, auxquels "Jeanne…" rend hommage, le film crée la surprise. Etre standardiste, valser avec les balayeurs — pardon, les techniciens de surface —, Virginie Ledoyen le fait. Elle danse, chante, émerveille ses trois soupirants et s’apprête à charmer le quatrième… mais c’est là que les choses changent : le garçon qu’elle choisit se dérobe. Malade du sida, il va mourir et elle ne pourra pas le revoir parce qu’il en a décidé ainsi. Mélodrame et danse de désir. Le film traite les grands sujets de toujours. Comment aimer et vivre cet amour ? Comment lutter et rester tolérant et généreux ? Comment décider de la vie qu’on va mener sans faire du mal à ceux qui vous aiment ?

Le film d’Olivier Ducastel et de Jacques Martineau ne prétend pas détenir la bonne réponse. Mais ce film gai et un peu gay est étonnant de fraicheur. La joie de vivre que dégagent les acteurs est contagieuse. Mathieu Demy, Jacques Bonnafé et surtout Virgine Ledoyen, époustouflante, créent un univers où les vrais problèmes ne sont pas évacués par une pirouette. Formidable portrait de la jeunesse d’aujourd’hui, le film communique les "problèmes de société" sans nous raser une seconde.

Ce film donne envie de se bagarrer pour vivre plus heureux et plus longtemps.
Heike Hurst — émission Fondu au Noir (Radio libertaire)


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