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éditorial du n° 1451

Le jeudi 19 octobre 2006.

Après le chef d’État iranien, c’est au tour du dictateur nord-coréen, dernier vestige du totalitarisme stalinien, de jouer la carte du nucléaire pour faire prévaloir ses intérêts. Le bonhomme a quand même 1100000 hommes sous ses ordres, c’est un fait. De plus, 61 ans après la catastrophe, les 200000 morts, sans compter les malformations, les blessés, et les impacts sur l’environnement, provoqué par « le p’tit gars » et « le gros monsieur » (« Little boy » et « Fat man », respectivement tombés sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945), et l’avancée des technologies militaires, font froid dans le dos. Mais replaçons les choses dans leur contexte : que la menace soit réelle ou non, ce seront et resteront toujours les mêmes qui subiront la guerre, et, en ces temps de propagande sécuritaire, la peur entretenue par les gouvernants de tout poil favorisent la légitimité des États, bien incapables de subvenir réellement aux besoins de leurs populations. Ni les sans-logis de Paris et sa région, ni ceux de Wall Street, ni les affamés de la Corée-du-Nord, et ceux du monde entier ne nous contrediront quand nous affirmons que l’État ne leur a pas permis d’acquérir ne serais-ce le minimum vital. Et il faut bien un bouc émissaire : pour les uns ce sera la faute des immigrés, pour d’autres celle des autres pays, pour d’autres encore le vrai problème est la délinquance, etc.

Serait-il trop osé que de le dénoncer ? La mort de la journaliste Anna Politkovskïa nous rappelle qu’on ne dit pas la vérité sans en payer le prix quand on se mêle de politique et qu’on arrive à se faire entendre. C’est là une chose bien difficile dans un système où, sans même être partisan d’une doctrine ou d’un parti, le quatrième pouvoir vit (souvent de manière aisée) de la publicité des grandes entreprises, des subventions étatiques, et du caractère spectaculaire de l’information pour faire de l’audimat.

Cependant, tout est-il perdu pour autant ? Devrions-nous tomber dans le défaitisme ? Non. Si combattre le système est souvent bien difficile, celui qui lutte peut perdre, celui qui ne lutte pas a déjà perdu. Les relogés de Cachan nous l’ont prouvé, les révoltés d’Oaxaca au Mexique qui réorganisent leur vie aussi. Même si ce ne sont pas des événements qui mettent à bas le système, ses injustices et ses inégalités.

Mais à l’heure où « le meilleur des mondes » commence sérieusement à prendre forme, où les politiciens n’ont aucune réelle perspective à nous offrir, où l’être humain n’est considéré que s’ il produit sous peine de mourir, où les écosystèmes peinent à perdurer, une révolution, même si elle parait impossible pour beaucoup, n’en est pas moins nécessaire.


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