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Cinéma

Premières bonnes nouvelles de Cannes

Le jeudi 21 mai 1998.

Pourquoi Aprile ? Parce que c’est le titre du nouveau film de Nanni Moretti qu’on attendait depuis le succès de son Journal intime (Caro diario). Le dispositif est le même. Nanni Moretti roule avec sa Vespa dans sa ville, Rome, se heurte à la bêtise du monde. Mais cette fois-ci, il a un compagnon inattendu. En avril justement, Nanni Moretti a eu un fils et c’est ce fils qui ponctue sa vie désormais. En Avril, il y a eu aussi un événement en Italie, le règne de Berlusconi était fini. Ce film tendre amer est du meilleur Moretti, une suite au Journal et une démarche à suivre. Aprile, le film d’un homme antisystème, antipouvoir et totalement indépendant, ayant créé sa propre société de films, la « Sacher Film », comme la tarte, thermomètre de la bonne santé de Nanni Moretti coté gourmandise. On peut affirmer aujourd’hui que grâce à lui, il y a eu un certain renouveau du cinéma italien. Car le succès de ses films a permis de produire d’autres jeunes cinéastes italiens, dont par exemple Mimmo Calopresti, qui donnait d’ailleurs un très bon rôle à Nanni Moretti.

Il incarnait un professeur, qui vivait avec une balle dans le crâne, jusqu’à ce qu’il voie celle qui a tiré cette balle, dans les années troubles des brigades rouges. La Seconda volta était le titre du film. Cette année, Mimmo Calopresti a son deuxième long métrage à la Quinzaine.

Il y a trente ans

La Quinzaine de Pierre Henri Deleau fête cette année ses trente ans d’existence. La « Quinzaine » est née de la contestation du Festival, de la section officielle, qui avait à l’époque peu à voir avec le cinéma et la découverte de cinéastes. C’était un festival où les pays ayant des relations diplomatiques établies avec la France envoyaient leurs films. Vous comprenez que le jeune cinéma brésilien ou un film ouzbek n’avaient aucune chance s’il n’avait pas l’aval de son gouvernement. La Quinzaine a donc fonctionné avec des films « contre », avec des films découverts inédits, frondeurs et subversifs, des films portant leur message et leurs images iconoclastes à Cannes, mais dans d’autres lieux. La Quinzaine n’a donc jamais coexisté avec le Festival officiel et a toujours su imposer ses auteurs. Mais paradoxe cruel : presque tous les auteurs découverts par eux ont fini en « compétition » dans tous les grands festivals du monde. La sélection de leur trentième année s’annonce bonne, présentant énormément de premiers films et de premières mondiales. Ce qui prouve la vitalité de cette section.

À coté du Mauritanien Sissako qui travaille à la perfection, La vie sur terre ; se trouvent un film canadien drôle sur la fin du monde, Last night de Don McKellar ou un film déroutant et fort sur les milieux des photographes new yorkais de la génération désillusionnée des sixties vivant à cent à l’heure et brûlant leur vie tout en créant : High Art, de Lisa Cholodenko. C’est un premier film magnifique.

L’année dernière, on trouvait dans la section annexe de la Quinzaine, Cinémas en France, le prix Jean-Vigo La vie de Jésus. Cette année encore, le prix Jean-Vigo du court métrage est représenté a Cinémas en France : Les Corps ouverts de Sébastien Lifshitz. Portrait du désarroi du corps désirant d’un beur. Un film brillant. Le prix Jean-Vigo du long métrage est programmé par « Un certain Regard », donc, la sélection officielle. Dis moi que je rêve de Claude Mouriéras est un film proprement stupéfiant… Autour d’une famille d’agriculteurs, Mouriéras bâtit un univers où tous les combats essentiels ont lieu. Le moi et les autres. La famille et l’individu. Tous pour un et un pour tous ? D’autres bonnes nouvelles de Cannes, ce sont les projections d’Acid, qui amènent un nouveau film, un an après le petit film sur les sans-papiers : D’une brousse l’autre. Jacques Kebadian a filmé leur lutte du début à la fin et s’est attaché à suivre une famille en particulier, qu’il filme ici et là-bas, en Afrique. Acid organise une projection chaque jour. Le film de Kebadian passe à Cannes le 23 mai à 20 heures. À Paris, il était visible le 18 mai à Saint-Denis, à côté du Théâtre Gérard-Philippe, à 20 heures et puisqu’un distributeur s’est intéressé à son film, nous pourrons bientôt annoncer sa sortie en salle.

Heike Hurst – émission « Fondu au Noir » (Radio libertaire)


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