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Lyon

Grévistes de la faim

une issue incertaine
Le jeudi 4 juin 1998.

Après 49 jours sans s’alimenter, les dix grévistes étaient encore déterminés à poursuivre leur action jusqu’à l’obtention de la régularisation collective par l’obtention d’une carte de résident (cf ML n°1124). Refusant les recommandations pressantes du médecin de prendre du sucre, ils ont par contre accepté les vitamines dans le but de tenir plus longtemps. À ce stade de la grève, des lésions peuvent survenir à tout moment et pour toujours. Pourtant, parce que leur vie, leur famille et leurs attaches, ils ne céderont pas. Ils ont même envisagé des actes auto-mutilatoires pour se faire enfin entendre des autorités.

Face à la gravité de leur situation, le collectif de soutien a organisé le 25 mai une opération de parrainage avec des personnalités locales et nationales. Ce même jour, une manifestation a rassemblé plus de 500 personnes. Hormis le collectif de soutien, seules la LCR et la Fédération anarchiste avaient un cortège, ce qui en dit assez sur les comportements de la gauche plurielle. La stratégie de lobbying du collectif de soutien a donné quelques fruits, dont une couverture nationale des médias, mais le ministre de l’intérieur met en avant le passé carcéral des grévistes pour adopter une position ferme, inacceptable pour eux : une vague promesse d’assignation à résidence pour quatre grévistes. Le collectif de soutien souhaite sortir de cette grève, mais l’idée que les parrains pourraient prendre la relève ne semble pas en mesure de convaincre les grévistes d’arrêter.

La mobilisation sur le terrain, et le lien avec tous les sans-papiers, motive visiblement peu le collectif qui a préféré assurer une présence lors de l’arrivée de la marche contre la présence des enfants le 27 mai plutôt que de participer à l’action du collectif lyonnais anti-expulsions. En effet, ce même jour, 70 personnes ont occupé l’agence de la SNCM (Société nationale Corse-Méditerranée) pour dénoncer sa participation à l’expulsion de sans-papiers. Après une évacuation par les forces de l’ordre, c’est en cortège que le groupe s’est rendu au local des grévistes de la faim pour témoigner sa solidarité. Finalement, au 50e jour, après que le gouvernement ait envoyé un médiateur, la grève de la fin s’est achevée le samedi 30 mai en fin d’après-midi. Les grévistes ont obtenu pour tous une assignation à résidence avec droit au travail pour une période de six mois. Néanmoins, cette mesure ne garanti aucune régularisation à terme et leur cas sera réétudié.

Martial
groupe Kronstadt (Lyon)


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